Des hackers chinois ont très récemment tenté une prise de contrôle sophistiquée de comptes Gmails appartenant à des militants défenseurs des droits de l’homme ou opposants au régime de Pékin. Google y voit apparemment une attaque fomentée par le gouvernement chinois, et a annoncé, en forme de représailles, « ne plus être disposé à soumettre son extension .cn à la censure des autorités chinoises ». De son côté, Pékin prétend « ne pas refuser d’accueillir des entreprises étrangères qui contribuent au développement d’Internet, sous réserves que celles-ci se conforment à la loi du pays ».
Les spéculations vont bon train, mais le fait que Google n’ait jamais réussi à prendre le leadership face à ses concurrents locaux en Chine donne un semblant d’indication…
La polémique fait rage dans le monde « libre », mais en Chine, la discrétion autour de l’affaire est assurée… Même si les internautes chinois prennent la défense du moteur de recherches américain !
Première conséquence de l’affaire : l’action de Google a baissé de 1% au NASDAQ hier, tandis que son concurrent chinois Baidu a bondi de 14% !
Cette histoire aura au moins le mérite de nous faire réfléchir sur des questions d’ordre éthique et philosophique :
- Une multinationale (fut-elle américaine) peut-elle jouer au bras de fer avec un gouvernement, quel qu’il soit ?
- L’annonce de Google, qui a d’ores et déjà cessé de censurer les résultats de requêtes en Chine, est-elle de la poudre aux yeux ? Quel est le but réel de sa manœuvre ?
- Google, parfois surnommé « Big Brother » peut-il se permettre de critiquer les positions politiques de la chine ?
- Si Google décidait réellement de mettre sa menace à exécution, à savoir quitter la Chine (250 millions de surfers, 50 de plus qu’aux USA), qui serait le vrai perdant, sachant que l’annonce faite par la compagnie américaine n’a pas l’air suivie par ses pairs et concurrents?
Affaire à suivre…
(Sources : francesoir.fr, lapresseaffaire.cyberpresse.ca, lepoint.fr, europe1.fr, lemonde.fr)