Par Etienne Boyer le 03 novembre 2008 - Donnez votre avis
Le mercredi 5 novembre prochain, à partir de 20h30, aura lieu simultanément dans le local de Aire, à Moulins, et sur Aire (dans Second Life) une conférence-débat avec Jocelyn Moulin, trésorier et chargé du comité de soutien de l’association KOKOPELLI, sur le thème « Biodiversité et privatisation du vivant ».
L’association Kokopelli est un conservatoire de graines œuvrant pour la « libération les semences et l’humus ». Elle défend la liberté d’accès et de reproduction des semences, pour préserver la biodiversité et l’autonomie alimentaire des populations, dénonçant ainsi la privatisation du vivant par de puissantes multinationales de la semence.
Seront évoqués au cours de la soirée :
- les batailles que se livre Kokopelli, comme par exemple le procès que l’association a perdu en cassation contre le GNIS, le Groupement national interprofessionnel des semenciers.
- La biodiversité planétaire et les problèmes dans le tiers monde. Au jour d’aujourd’hui, il n’existe plus une semence reproductible dans l’hémisphère sud devenu un désert de biodiversité.
- La campagne « Semence sans frontière » : l’association Kokopelli donne des milliers de sachets de semence bio à des communautés villageoises dans tout l’hémisphère sud et dans l’Europe de l’est
- les élections européennes de 2009. Une liste d’alter-mondialistes ? Peut-on espérer que la mise en place des directives soit enfin appliquée dans l’état membre qui s’appelle la France ?
- Enfin, sera aussi évoqué le projet « doomsday seed bank ». Le 26 février 2008 a eu lieu l’inauguration de « L’Arche de Noé végétale » dans un des lieux les plus reculés du monde, à Svalbard en Norvège. Ce projet destiné à rassembler toutes les semences du monde dans une chambre forte est le fruit d’un accord tripartite entre le gouvernement norvégien, le « Global Crop Diversity Trust » et la « Nordic Gene Bank ». Le « Trust » -financé et soutenu notamment par la Fondation Bill Gates, La Fondation Rockefeller, Dupont/Pioneer, la Fondation Syngenta et la Fédération Internationale des Semences, les plus importants lobbies de l’industrie des semences– finance les opérations de « l’Arche ».
Voir aussi :
http://aire-europe.org
http://monmoulins.com/index.php?Aire-second-life
Par Etienne Boyer le 10 septembre 2008 - Donnez votre avis
Aire va inaugurer sa galerie Artothèque (l’Aire-Box, dont le but sera de prêter des créations artistiques aux résidents de l’île) jeudi 11 septembre à 21 heures, sur son terrain virtuel situé sur Ecologia Island (137, 122, 64), dans Second Life. De quoi s’agit-il exactement ? « Aire est une structure réelle, un projet datant de 2004, issu de l’association Loi 1901 Artefact (créée en 1996), à Moulins dans l’Allier. Elle fut la première association française à entrer dans Second Life, en octobre 2006 », explique son gardien Marc Moana, (Marc Blieux dans la vraie vie). Aire propose des expositions, des ateliers, des événements, dans tous les domaines de la création contemporaine (2D, 3D musique, design, architecture, etc.) autour de la notion d’art transactionnel.
« Un terme qui définit une forme d’art cherchant à développer une interaction entre l’oeuvre et la personne. L’oeuvre n’est plus seulement donnée à voir, mais aussi à vivre et à expérimenter. Le spectateur en devient acteur et producteur de sens. Cette interaction modifiera non seulement l’oeuvre mais également la personne par le processus de création auquel elle aura participé ».
On retrouve ce concept en particulier dans les œuvres de l’avatar Gazira Babeli, artiste talentueuse qui utilise des scripts, à qui l’on doit « Unbroken eggs », sorte de reconstitution interactive du drame du WTC, ou encore le très bluffant « Avatar on canvas », un tableau qui déforme ses admirateurs trop curieux ! Manière de s’interroger sur le côté un peu artificiel et superficiel du culte de l’apparence induit par l’utilisation de Second Life, et –pourquoi pas- de transposer l’idée dans la vie réelle…
Transdisciplinarité et écologie x 3
La démarche d’Aire s’appuie également sur les deux notions de transdisciplinarité et d’écologie x 3 (naturelle, sociale et psychique), un point de vue développé originellement par le psychanalyste et philosophe Félix Guattari.
Aire expose donc toute une panoplie de créations artistiques en rapport avec ces thématiques, allant du cube graphique représentant la fonte des glaces en Antarctique (par Françoise et Elohim Vincent-Féria) aux sculptures de prims de Frao Ra, et travaille avec des artistes de Second Life aussi bien qu’avec des artistes de la vie réelle, comme Yona Friedman, dont on peut découvrir les dessins dans l’espace qui lui est réservé.
Une fois sur place, un téléporteur permet d’accéder à toutes les salles d’exposition, situées dans le ciel au dessus de l’île. Certains portails sont particulièrement intéressants à découvrir, notamment celui appelé « MBK », qui permet d’accéder à la salle « Medusa Blue Klein », œuvre très esthétique et épurée de Marc Moana himself, dans laquelle on peut nager parmi les méduses (sans risque de se faire piquer…) !
Aire a par ailleurs créé plusieurs happenings, toujours sur le thème de l’art et de l’écologie. On se souvient particulièrement de ses bidons radioactifs fumants déposés un peu partout sur les espaces des candidats en lice lors des dernières présidentielles ! « Ce fut une sacrée expérience, que de mobiliser 60 personnes en même temps, dispatchées sur plusieurs SIMS », se souvient Marc. Car plus qu’un musée d’art contemporain, le but d’Aire est aussi de créer des synergies entre les artistes, menant -pourquoi pas- à des créations communes.
Prochain rendez-vous (après l’inauguration) : les journées européennes du patrimoine, qui auront lieu les 20 et 21 septembre prochains, dans la vraie vie et sur Aire / Second Life !
EHB.