Par Etienne Boyer le 20 octobre 2008 - 2 Commentaires
Grâce à Kiana Writer, de MadPea Productions, Montparnasse Belgar a pu rencontrer les pros de l’intelligence artificielle de Fairyverse, qui lui ont montré l’envers du décor… Entretien avec Fairyverse Magic, alias Henri Morlaye :
Montparnasse Belgar : Qu’est-ce que Fairyverse ?
Fairyverse Magic : C’est une équipe au sein de MASA Group qui porte des technologies d’intelligence artificielle militaires sur les mondes virtuels. Ceci afin de peupler ces derniers, et permettre plein de types d’applications utiles dans les domaines de l’entertainment, la formation, etc.
MASA Group est spécialisé dans les logiciels d’entrainement militaire et sécurité civile. Nous avons tous commencé par ça dans l’équipe. La Fairyverse-team est composée de trois personnes basées en France, et une sur Washington, aux States.
MB : Donc vous fabriquez des « bots » pour différents usages… Lesquels?
FM : Par exemple, pour Territoire Digital, nous programmons des réceptionnistes, qui prennent en main les gens quand ils arrivent sur Second Life, leur montrent les attractions, leur parlent de l’île, leur apprend à utiliser SL, courir, voler, etc. Ils répondent même aux questions selon un système simple similaire à celui des moteurs de recherche (pour être faciles à utiliser), basé sur les « mots clés » utilisés par les avatars !
MB : D’accord, mais ce sont des robots… Donc parfois, ça doit faire des « erreurs fatales », non?
FM : Oui, nous sommes très pragmatiques à ce sujet : on rend apparent le fait que ce sont des robots, afin que les gens ne se fassent pas d’illusions et les traitent comme tel. Ils peuvent aider, mais ne remplaceront pas l’être humain… Si tu lui poses des questions qu’elle ne comprend pas, elle te recadre. Par exemple : Par exemple : « où est Dieu, comment sont morts les dinosaures ? »
Fairybelle Magic : To talk to me, use keywords (words between brackets). I can talk about [TOUR], [KING], [FAIRYVERSE], [CHARACTERS], [POLICY], [MASAGROUP]
[3:47] Fairybelle Magic: Did you know that [FAIRYVERSE] is a new venture of [MASA GROUP] ?
FM : Elle est là pour aider, pas pour remplacer un être humain ou devenir une copine.
Là, c’est un exemplaire assez simple par choix pour faire des démonstrations. Mais on peut mettre autant de mots clés que l’on veut, et brancher un moteur de recherche (bientôt disponible) !
MB : Mais il existe d’autre genre de bots…
FM : Oui, bien sûr : pour peupler dans un scenario, comme ceux que nous programmons pour Madpea, pour la suite de leur jeu de rôle « Within ». Mais pour te donner un exemple concret, nous avons une démo simple, ici (Fairyverse 40/65/23, c’est notre bac à sable), autour de la reconstruction historique d’un village médiéval. Les personnages que tu vois vivent leur vie, mangent, dorment, travaillent… Ils parlent aussi et peuvent raconter des histoires ! Il y a plusieurs animations dans ce village. Il suffit de cliquer sur un bouton, ou de taper certains mots, et ça les déclenche. La plus drôle c’est celle avec le dragon ! Trouve un bot et dis lui « dragon », puis regarde la mer !
(NDLR : il y a tout un attroupement de « bots » sur la place du village. Ils marchent, parlent entre eux… Soudain, un dragon -lui aussi un « bot »- sort de la mer et se précipite sur la foule qui s’éparpille et se réfugie à toute vitesse dans les habitations. Au bout d’une minute, le dragon fait demi-tour, et retourne se cacher sous l’eau…)
MB : Excellent ! C’est drôlement bien ficelé ! Je crois que je n’avais jamais vu autant de « bots » animés d’un seul coup ! Quelles autres fonctionnalités peut-on leur associer ?
FM : En gros ils savent faire ce que sait faire un avatar normal : bouger, s’assoir, envoyer un IM… Comme dans n’importe quel jeu vidéo, on peut même les tuer, et ils peuvent utiliser les systèmes de combat et de vie SL. Ce qui laisse libre cours à l’imagination.
Par exemple, dans la vidéo que je t’ai envoyé (NDLR : ci-dessus), les bots jouent le rôle des habitants d’une ville et des subordonnés d’un pompier entrainé. Ils se programment avec une interface web qu’on est en train de faire, dont on a caché les aspects compliqués, et qui sera donc accessible à des non spécialistes.
MB : Par exemple je pourrai programmer des bots tout seul?
FM : Oui absolument, d’ici un mois. Tu pourras même le louer et en faire ce que tu veux. On héberge sur nos serveurs, et tu n’auras rien à faire de ton coté, juste à le programmer avec notre interface graphique web based. Ça se programme sous la forme de séquence d’actions et de réaction à des évènements du type « si on me dit BLA », je vais à un point donné puis je m’assois sur le banc. Et il n’y a même pas besoin de dire « faire trois pas à gauche, puis quatre sur la droite, passer par ici… » : il évite les gens et calcule son chemin tout seul en passant par les portes… En gros le code ressemble à : « MoveToZone inn ; SitOnBench », et ca fait aller le bot au restaurant, puis s’asseoir sur un banc.
MB : Mais c’est quand même un langage spécial !
FM : C’est une interface très graphique en fait, sous forme d’icônes, avec des composants en glisser/déposer. Le composant MoveToZone est disponible, juste à cliquer. Actuellement, on travaille encore sur le design.
MB : Bon, et l’avenir de ces robots, c’est quoi?
FM : envahir l’univers et renverser la race humaine ![]()
Plus sérieusement, il existe deux gros potentiels: transmettre des informations et guider les gens dans les mondes virtuels sans rompre le paradigme des interactions incarnées (en d’autre termes : exit les panneaux envahissants qui n’apportent rien) ; et permettre d’implémenter de nouvelles fonctions tranquillement, sans nécessiter 1000 000 indiens derrière des ordis… Ah, et je vois un troisième point en bonus : créer des jeux, et histoires engageantes avec des acteurs !
MB: Mais j’ai lu des articles qui prétendent que les bots ralentissent SL…
FM : Ce sont des avatars comme les autres. Ils ne consomment pas plus !
MB : Quelle est exactement la relation de Fairyverse avec MadPea ?
FM : C’est une sorte de partenariat, ils font des trucs sympas avec des bots, et c’est -de plus- un bon showroom pour nous. Alors on prête les bots, la R&D pour le développement, ainsi que le terrain. On est sur la même longueur d’onde avec eux !
Par Etienne Boyer le 20 octobre 2008 - 2 Commentaires
De téléportation en téléportation, il arrive que l’on tombe sur des choses qui sortent un peu de l’ordinaire. Le spot de MadPea productions, installé sur les parcelles d’Orange Island 2 (181/211/45) en fait partie. Montparnasse Belgar y a rencontré Kiana Writer, fondatrice, directrice et scénariste finlandaise de la compagnie qui produit des jeux de rôles sur Second Life. « Nous sommes présents sur SL depuis février 2008. Nous nous appelions ‘Beyond Imagination’, mais avons dû opter pour ‘MadPea Productions’ pour des raisons d’enregistrement en juillet dernier. Nous créons des divertissements avec contenus interactifs pour nos clients implantés sur Second Life. »
MadPea est auteur d’une douzaine de petits jeux, mais propose d’ores et déjà cinq jeux très complets sur les parcelles allouées par Orange. On y accède par les
ascenseurs disposés autour du marais, situé au milieu de l’île. Rien ne laisserait présager que plusieurs univers se cachent sous ces eaux dormantes…
« Nous essayons de représenter un peu tous les styles de jeux, mais ce sont principalement des mystères, avec des énigmes à résoudre. Ici, nous aimons bien lancer des défis aux gens ! Ce que nous voulons, c’est repousser les limites de SL le plus loin possible, afin de donner à chaque joueur une expérience vraie ! »
Au vu du résultat stupéfiant, on peut dire que c’est « mission accomplie » !
Jeux dont vous êtes le héros, en 4D
MadPea Production propose donc des aventures à vivre en trois (voire quatre) dimensions, qui s’apparentent un peu à celles que l’on pouvait lire dans les fameux « livres dont vous êtes le héros » de notre jeunesse, et où les joueurs doivent faire des choix et récupérer des objets, déterminant les suites possibles de l’histoire…
Les designs des structures et le travail de texturing, purement époustouflants et attractifs, donnent un rendu très réaliste et participent à la création d’ambiances angoissantes, typiques des grands thrillers fantastiques hollywoodiens.
Dans « Swamp Hotel » (l’hôtel englouti), il faut retrouver des clients disparus dans des circonstances étranges. Au menu : zombies et passages spatio-temporels… « Firefly » est une histoire d’amour sur fond de cauchemar (qui se joue plutôt en mode nuit, donc), avec une fin surprenante. Dans « Zodiac Killer » (et sa séquelle « Within »), premier jeu de ce type sur Second Life, il faut découvrir les raisons d’une série de meurtres horribles, en se livrant à une terrifiante chasse à l’homme. « Mad Mines » est quant à lui un concept plus léger de chasse au trésor au milieu de mines marines, mais qui combine stratégie et adresse.
Vers d’autres univers virtuels
Mais le plus étonnant et intéressant, finalement, c’est que tous ces jeux, de très grande qualité -pour Second Life- tant au niveau graphique et technique que scénaristique sont gratuits pour les résidents qui veulent s’y essayer ! Seul inconvénient : il vaut mieux comprendre l’anglais pour pouvoir en apprécier toutes les subtilités…
Aujourd’hui, en partenariat avec Fairyverse (une société qui fabrique des « bots »*), la compagnie est en cours de réalisation du second épisode de son jeu « Within », qui devrait être ouvert au public d’ici trois semaines. Cette fois-ci, après l’immersion au sein d’une organisation secrète de tueurs, les joueurs seront invités à la plus grande poursuite jamais courue dans Second Life, passant du thriller fantastique à la science fiction…
« Il faut s’attendre à de grosses surprises », termine Kiana Writer, qui préfère ne pas en dire trop afin de sauvegarder le suspense.
Sur Second Life, les jeux de MadPea Productions sont situés sur Orange Island2, mais aussi sur Avgi, Aldrich et Fairyverse. Mais la société, dont les membres sont éclatés un peu partout à travers le monde, est en pleine expansion, et pourrait très prochainement s’étendre à d’autres univers virtuels.
EHB.
* Bots : Intelligences artificielles présentes dans Second-Life sous forme d’avatars non-contrôlés par de vraies personnes, programmés pour assurer des fonctions spécifiques 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 (comptages, invitations, renseignements, etc.), mais aussi pour servir de personnages actifs dans les jeux.