Par Etienne Boyer le 22 juin 2009 - 4 Commentaires
Second Life s’apprête à fêter ses 6 années d’existence, ce mardi 23 juin, dès 19 heures (10 am SLT). Pour fêter l’évènement, Linden Lab a permis aux acteurs de son monde virtuel de s’exprimer sur une vingtaine de régions dédiées in world, sur le thème « que sera le metaverse du futur ». Parmi toutes les réalisations, Territoire Digital a choisi de s’attarder sur celle mise en place par le collectif Vitis Foederata, composé de membres issus de différents groupes de la communauté francophone SL, qui, selon le blog officiel, ont décidé de « mettre en commun leurs compétences et expériences dans le cadre d’évènements ayant lieu dans le métaverse, sans ingérence dans les groupes, ou sans que l’un d’eux ne prenne l’avantage sur les autres ». Un groupe autonome et sans hiérarchie, avec ses projets propres.
Parmi les groupes qui le composent, on retrouve : le parc des Arts, Arcachon, la bibliothèque francophone, les explorateurs francophones, le p’tit routard SL, Cap Vert, Vegetal Planet, Prévention Sida, Metaverse Association, etc; avec des personnages emblématiques comme Frao Ra, Coulaut Menges, Vroum Short, Hugobiwan Zolnir, Cherry Manga, Serena Parisi, ou encore Batu Dragonash. C’est d’ailleurs des deux derniers que vient l’idée originelle de ce rassemblement artistique et culturel, selon Mallory Destiny, l’une des participantes au projet. Vitis Foederata, c’est concrètement (si l’on peut utiliser ce mot concernant un événement se déroulant dans un monde virtuel) une architecture en forme de grappe de raisins, symbole évident du réseau, et par extension du partage et de l’entraide. Chacun des grains de cette grappe représente un des dix groupes participant à l’oeuvre.
Un message symbolique qui semble vouloir dire que ce type de fédération de moyens et de compétences in world, dépourvue de toute forme d’ego pourrait bien être renouvelé, et constituer le véritable avenir du métaverse…
EHB.
Par Etienne Boyer le 10 avril 2009 - 2 Commentaires
Exit (temporaire, on suppose) les chocolats, bouteilles de vins, tee-shirts « hype » et gadgets pour geeks qui ont fait le succès de la première saison de RIL Shopping!
Tout le mois d’avril, vous pourrez découvrir dans le RIL Store in SL les réalisations de Reati Design, agence girondine d’aménagement et architecture de l’intérieur, dont le dirigeant, Christophe Réati n’est autre qu’Yperfokal Allen, célèbre dans la communauté francophone esselienne pour la sim le Parc des Arts, qui abrite l’association RL éponyme, présidée par Formentera Voom.
Réati Design a mis les petits plats dans les grands, en proposant des cours de design, des conseils gratuits in world, des débats-conférences (voir le programme détaillé en fin d’article) une exposition sur le développement durable, un immense showroom où vous pourrez découvrir quelques réalisations antérieures de l’entreprise girondine, mais aussi visiter un loft en 3D, dont la décoration, les matières et le mobilier ont entièrement conçus par l’agence, et bien sûr la boutique dans le RIL Store, où vous pourrez éventuellement vous offrir du mobilier de très grande qualité et résolument moderne, destiné à votre cuisine, salon/salle à manger, ou chambre à coucher.
A la fin du mois, le mercredi 29 avril prochain, aura lieu une soirée débat RL/SL organisé avec le Club d’entreprises Porte du Médoc sur le thème : « le développement durable, source de profit pour les entreprises ». Nous ne détaillerons pas ici le programme RL, mais sachez qu’entre autres concerts (affiche en cours d’élaboration), le clou du spectacle sera la création d’une oeuvre d’art virtuelle en direct au dessus du Show room de Réati design par l’artiste Frao Ra, qu’on ne présente plus!Bref, un programme des plus denses, avec un entrepreneur assez atypique, qui marque sans doute un tournant important de l’aventure Ril Shopping.
EHB.
Les conférences :
- Le 4/04/2009 : avec Christophe Reati. Thème : « Les contraintes de l’architecture et de l’aménagement d’intérieur : Conférence/débat sur vos expériences et vos projets. » (Les participants à la conférence peuvent amener des photos de leurs projets, pour des conseils en direct)
- Le 9/04/2009 : avec Frédéric Martin, Architecte. Thème : « Loft & Architecture contemporaine »
- Le 15/04/2009 : avec José Martins, Architecte. Thème « Les maisons écologiques »
- Le 21/04/2009 : avec Caroline Hurstel. Thème : « Le métier d’architecte d’intérieur : parcours & formations »
Les cours :
avec Caroline Hurstel, tous les mardi et jeudi de 14h à 15h (du 2/04 au 30/04), soit 9 sessions d’une heure. Thèmes développés : « Comment manipuler les couleurs ? », « Initiation à l’architecture d’intérieur », « Le Feng-Shui dans la maison », « Nouvelle tendance : la déco durable ». Les horaires des sessions sont disponibles sous forme de notecards en cliquant sur les affiches in world!
Le Forum d’échange
Il se déroule 3 à 4 fois par semaine durant une heure, par session de 20 minutes pour chaque participant. Le principe : les personnes s’inscrivent auprès de Montparnasse Belgar (donc moi même) de façon à réserver un créneau de 20 minutes, pour présenter leurs projets, leurs envies, leurs interrogations aux architectes d’intérieurs de ReatiDesignCreation.
Par Etienne Boyer le 21 novembre 2008 - 4 Commentaires
Yperfokal Allen et Formentera Voom sont les deux « patrons » du Parc des Arts in SL. Montparnasse Belgar les a rencontrés et cuisinés sur leurs activités, ainsi que leur vision du monde virtuel de Linden Lab. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leur regard est plein de recul, et qu’ils ne mâchent pas leurs mots ! Entretien…
Montparnasse Belgar : Présente-moi Le parc des Arts…
Yperfokal Allen : le parc est le fruit de la réunion du travail de deux groupes : Imaginart et Mecenart. Nous avions créé des groupes Formentera Voom et moi, afin de présenter le travail d’artistes. Notre démarche de départ était différente. « Form » (qui est aujourd’hui notre présidente) travaillait déjà bénévolement avec des associations in Real Life, qui aident à la diffusion d’artistes. Ce qu’elle a fait ici est la continuité de sa passion RL. Moi j’étais là pour travailler le design, et utiliser Second Life comme un support de création pour mon job (je suis designer et architecte d’intérieur). Mais je n’utilisais que peu de place et peu de prims. Alors j’ai commencé à monter un espace sur une « sky » pour présenter le travail d’artistes que je connaissais. Ceci sans aucun lien d’argent…
Puis j’ai acheté un terrain plus grand…
MB : Une forme de mécénat, donc ?
YA : Disons que c’est en quelque sorte un usage SL du développement durable… J’ai eu besoin de place pour mon job, alors je me suis demandé « pourquoi ne pas partager ce que j’avais, et le mettre à disposition des autres ? » Donc je prends ce dont j’ai besoin, et le reste je le laisse à d’autres créatifs.
Un jour une personne « Cherry Manga » a offert un terrain a Formentera pour qu’elle puisse déménager Imaginart dans un environnement plus léger que celui où elle était. Parce que le problème de Second Life, c’est que du jour au lendemain, tu peux avoir une Sim de guerre a côté qui s’installe en RolePlay… Avec son lot de béton et chars d’assaut !
Avoir deux groupes ne servait a rien, sinon à se sentir chef et important ! Nous avons donc mis fin à nos groupes respectifs au profit d’une solution collective : l’association Parc des Arts, oeuvrant autour de la promotion et de la diffusion de l’art. Les valeurs et les objectifs étaient à présent les mêmes ! Beaucoup de personnes nous ont aidés, encouragés…
Et puis, on c’est dit qu’il était dommage de rester loin, l’un de l’autre. Alors j’ai lâché mes locations pour acheter ici, avec elle. Nos deux identités sont bien là, mais nous les avons gérées en harmonie. La suite tombe sous le sens…
MB : Il existe plein d’autres galeries francophones d’art sur SL, pourquoi n’avoir pas tous fusionné?
YA : Il y a, à mon sens, trois méthodes et trois esprits : la première est une galerie au sens propre du terme, avec pour but la vente d’oeuvres d’art. Nous, nous avions choisi de ne pas faire de business, ce qui est une parfaite utopie ! Nous avons peu de moyen, et mettons ici tout notre budget. Nous payons avec Formentera une location de près de 350 euros par mois, soient 15% de nos revenus…
Le second type de galeries est plutôt une galerie au service d’une personne en particulier. Il y a des endroits superbes comme l’ile Moya. Là, pas de soucis : il y a un concept, un artiste, du fond, de la forme, et c’est très bon. Il existe aussi des endroits où tout un chacun peut monter sa propre galerie au service de son ego, pour se faire plaisir… Toutefois, c’est dangereux, car il y a beaucoup de flatteurs sur Second Life. Il est facile de s’entourer de gens qui flattent, et beaucoup plus difficile d’accepter une critique, un avis, et de continuer à travailler !
MB : Ce qui est étrange… Dans la mesure où justement, on pourrait facilement -en tant qu’anonyme- balancer pas mal…
YA : Oui, mais c’est l’inverse qui se produit, quand on ne connait pas grand-chose (rires) ! Un peu comme le roi et sa cour, donc… Il est plus facile de dire: « Oh, bravo, c’est sublime!!! », que de construire une remarque et de l’argumenter. Non, il ne faut pas y voir des enjeux : les gens sont sur SL dans des buts différents. Certains pour y vivre d’autres choses, et d’autres sont sur SL comme en RL, chacun dans son registre.
MB : On ne va pas citer de noms, si?
YA : Tu connais la célèbre phrase : « Les hommes aux valeurs humaines, intelligents et soucieux des autres se reconnaitront à l’inverse des mots dictés ici, les imbéciles imagineront sans doutes que l’on parle des autres… »
MB : Hum, bon… Et le troisième type de galeries ?
YA : Ce sont des endroits comme la bibliothèque francophone, ou les galeries crossworld. Ce sont des lieux ou l’on recherche la qualité, où l’on veut faire découvrir l’art sous différentes formes, avec des techniques différentes. Nous avons souvent ouvert la porte pour chercher des moyens de relier ces univers. C’est difficile, car il y a de tout coté de fortes personnalités, et chacun craint de perdre quelque chose…
MB : Mais étrangement, on retrouve dans chacune des ces formes de lieux d’exposition des artistes récurrents, comme par exemple Frao Ra, qui a créé le lampadaire sur lequel nous sommes assis…
YA : Oui, alors ça -Frao Ra mis à part- c’est un des problèmes de SL ! Il fait partie du groupe depuis longtemps, et nous a aidés à concevoir ce lieu. Il n’expose pas les mêmes choses, mises à part quelques pièces, sinon, il recréé avec son identité. Alors pour être honnête, c’est vrai que ça gravite souvent autour des mêmes personnes, qui tournent de galerie en galerie…
Présenter des choses différentes dans des endroits différents, c’est parfait : Frao Ra, Aristide Despret, pas de problème ! Mais présenter les mêmes choses pendant un an, sans rien faire de nouveau et à plein d’endroits différents, cela n’a aucun intérêt. Et c’est souvent le fruit de personnes qui n’ont pas particulièrement du talent…
Cela pose aussi le problème des droits d’auteur. Nous avons souvent vu des personnes utiliser des photos prises sur Internet, et les présenter sur SL sans donner le nom de l’auteur, ou encore des personnes utiliser des oeuvres faites par d’autres dans un autre contexte. La technologie s’y prête, alors forcément, il y a des abus… C’est le danger ! Ici, nous veillons à cela. Nous faisons venir sur Second Life des artistes qui n’y sont jamais venus. D’ailleurs, la plupart des expos en ce moment sont celles d’artistes qui ne sont jamais venus sur SL.
Nous sommes partenaires et représentants de l’association UPC, une association de photographes-auteurs, qui défendent entre autres le droit d’auteur. Il faut être très vigilent, tu sais ? Ici, le dérapage est facile. Et être en désaccord avec quelqu’un peut donner des résultats inattendus ! Je ne rentrerai pas dans le détail…
MB : J’ai cru constater, effectivement… ça m’a surpris que ce qui peut se dérouler parfois dans la vraie vie puisse aussi arriver sur SL!
YA : C’est pire sur SL ! Les mots vont plus loin ! Dernièrement, sous prétexte que je demandais des explications aux organisateurs d’une expo qui ont utilisé des oeuvres SL qui ont été créées pour l’exposition permanente « Prévention sida », nous avons été traités de « secte et de nazis »… Les mots vont loin ! Il serait beaucoup plus difficile de dire cela de vive voix. Or, tu l’as vu sur notre site : les statuts y sont, les comptes sont clairs, nous n’avons pas d’intérêts persos, et sommes ouverts à la critique. J’ai mis six mois pour réaliser le concept des salles d’expo. Alors reprocher aux autres ce que l’on fait soi même, c’est de la propagande !
En fait, la question est la suivante : peut-on faire sur SL n’importe quoi, peut-on dire et faire les choses sans éthique ? La loi est-elle ici « le non respect des droits élémentaires » ? Chacun fait son choix. Donc pour répondre à ta question sur les autres endroits et les alliances possibles, je pense qu’il faut des choses différentes, mais de qualité. Je pense qu’il faudrait organiser un réseau, afin de mettre en commun un certain nombre de moyens. Nous ouvrons la porte depuis le début. Certains nous rejoignent…
Je vais te donner un exemple : nous réfléchissons à la possibilité de monter notre propre grid, hébergée sur notre propre serveur. Tous ceux qui le souhaitent peuvent participer au projet, y compris des personnes qui ne font pas parti de l’association. Nous avons créé sur le forum interne de l’asso une page spécifique pour donner accès aux non-membres, par le biais d’un code. Nous mettons en commun les ressources et les recherches, peu importe que d’autres copient, au contraire ! Tous ceux qui participent comprennent l’importance de partager. Nous testons en ce moment, mais l’idée est de fédérer. Chacun gardera son identité, il n’y aura pas de règles ni de lois, mais chacun respectera une éthique et des buts communs : pas d’argent, mise en commun des ressources (build, textures, scripts…). On ne sait pas si on va réussir. Mais comme on dit : « s’ils avaient su que c’était impossible, ils ne l’auraient pas fait ».
Nous donnons des sims de 45000 prims, alors il faudra jouer le jeu, et ne pas dépasser la ligne rouge !
MB : La ligne rouge, sur ce nouveau projet, c’est quoi? Éviter les excès rencontrés sur SL?
YA : C’est la même que sur Second Life : Nous n’avons eu depuis un an qu’un seul gros problème (avec les deux personnes précitées). Nous avons souvent des désaccords, mais ça c’est normal : c’est un échange, sans complaisance et sans animosité. Les personnes qui sont avec nous vont dans le même sens. Nous ne laisserons pas effectivement les dérives de SL s’installer. Il n’y aura pas d’argent, pas de maison à louer, et s’il y a des maisons, chacun pourra y passer un moment avec ses amis. Il y aura des endroits pour builder, faire de la recherche, créer, mais sur des Sky. Le niveau au sol doit être nickel. Nous aurons des visiteurs extérieurs au métaverse, et nous devrons montrer ce que l’on fait de bien, par respect pour les autres.
On n’invente rien tu sais, c’est juste une question de respect ! Imagine un artiste expose. Il fait venir des personnes qui souhaitent lui acheter une oeuvre ou soutenir son travail, et juste à côté, on a un type qui met au point un jeu de lumières type boite de nuit. Il va desservir le copain d’à coté, alors que l’on va offrir aux constructeurs scripteurs une Sky pour bosser, où ils pourront faire ce qu’ils veulent sans gêner personne, tout en pouvant nous aider en adaptant a nos besoin leurs recherches !
MB : J’en reviens à ma question initiale… Que peut-on trouver au parc des Arts actuellement?
YA : nous avons sur le palais Imaginart une rétrospective du peintre Rodriguez, 15 exposition de photographies qui sont issues de notre tout nouveau festival « Les 60ième de la photographie », en partenariat avec l’UPC.
Nous avons voulu trois thèmes ici, en permanence et en parallèle à l’art : l’information et la prévention SIDA, gérée par Anisette Indigo, où nous présentons des éléments des campagnes des deux associations AIDS, et Sida info service. En parallèle nous demandons à des artistes de porter un certain regard. Cela permet d’être un peu plus pertinent sur le message.
Ensuite nous avons une exposition sur le même principe, faite avec l’association MFQ (Mouvement Français pour la Qualité) sur le développement durable. Les panneaux sont faits.
Reste les créatifs…
Et enfin, une autre expo sur la tolérance, réalisée par Aristide Despret, et qui se trouve sur la SIM d’eau en Openspace que tu trouveras juste à côté de la nôtre. On ouvre cette expo dans quelques jours ! Nous avons aussi une exposition collective qui se nomme « Mot à maux », dont la conception permet d’avoir du texte, de la mise en scène et de l’interprétation.
MB : Donc vous êtes vous aussi touchés par les nouveaux tarifs des Lindens sur les openspaces…
YA : Oui, et on ne pourra pas tenir longtemps. Nous n’avons pas, comme de nombreux autres, (je pense a notre amie Willow Ahn), les moyens de poursuivre dans ces conditions. Nous devrons y mettre fin. C’est du gâchis, mais Linden Lab est une entreprise, qui utilise des méthodes d’entreprise, avec des objectifs d’entreprise. Nous sommes en dehors de cette vision des choses ! On aurait du se méfier ! Ceci étant, la méthode utilisée est immonde : ouvrir les vannes openspaces, laisser les gens s’investir, vendre 10 000 ou 20 000 lowsims, puis relancer la vente sur les fullsims, c’est techniquement malin, logique, même, mais commercialement suicidaire ! On déprécie la monnaie, on fait rentrer des devises et hop ! On remonte !
C’est une vision économique pour rentrer du cash, mais ce qui est inquiétant, c’est qu’il s’agit d’une méthode utilisée en cas de grosse difficulté. Ils doivent être à l’agonie pour l’avoir employée !
On doit désormais s’organiser afin de ne pas subir la prochaine fois… Car c’est évident que ça va recommencer ! A nous de prévoir ! A mon avis, l’avenir est en métagrid, et pas forcément sur SL. Alors c’est sûr qu’il va falloir accepter de ramer, mais le faire ensemble ! Il y a toujours des solutions, c’est la volonté qui manque, le plus souvent…
MB : J’ai vu (sur votre site web) que vous étiez constitués en asso loi 1901. C’était une obligation?
YA : On ne veut pas rester seulement sur SL, mais s’ouvrir et monter des expositions RL, et sans doute aussi monter une grid. Cela ne veut pas dire qu’on va quitter Second Life, où l’on aura toujours une vitrine, mais nous allons transférer des moyens dans un espace ou l’on pourra travailler… Et manger en même temps ! Ce sera moins couteux, pour nous, de louer un serveur. Car nous voulons aussi rester indépendants, avec le moins de sponsors possibles !
Il y a une semaine, nous nous sommes tous rencontrés à l’association, sur Bordeaux. C’est une belle histoire qui a commencé ici, sur SL. Nous avons des membres à Paris, Strasbourg, des membres actifs en Hollande, en Espagne, en Italie… C’est une association Internationale !
Par Etienne Boyer le 13 novembre 2008 - 2 Commentaires
Mariaka Nishi, Maîtresse de Tournicoton Art Gallery in SL (241/1834/21), est Anne Astier dans la vraie vie : une artiste transdisciplinaire et transdimensionnelle -entre autres écrivain et auteur de plusieurs romans (dont « Le piano » éd. Robert Morel, sa toute première et unique publication à ce jour)- dont le site web un peu particulier est « un roman multimédia filmé à même la vie ».
« La jetée des rêves », c’est le nom de la nouvelle exposition de Tournicoton Art Gallery, qui, dans la continuité du travail initié avec « si vous m’aimez d’amour », raconte l’histoire de la rencontre SL/RL entre Mariaka Nishi et Anathaniel Gausman (caméraman et photographe dans la vraie vie). Interview avec les quatre tenants principaux de ce projet collaboratif :
Montparnasse Belgar : La jetée des rêves, c’est une exposition, mais de quoi ?
Mariaka Nishi : C’est drôle, un jour Anathaniel m’a rapporté cette même question qu’on venait de lui poser, et que j’ai trouvé pertinente. Parce qu’effectivement, tout le travail que j’induis ne se raconte pas en quelques phrases… C’est la juxtaposition, la cohabitation de plusieurs choses qui en produisent d’autres encore. Et ce sont toutes ces imbrications qui créent ce qui est à regarder et à comprendre.
Ici je crois qu’on a travaillé de la même façon. C’est un peu cela que l’on appelle la transdisciplinarité, d’ailleurs. Cela implique plusieurs niveaux en même temps.
Anathaniel Gausman : Cette expo, c’est avant tout une RE-encontre, c’est la liaison de perceptions différentes de nous, plusieurs dimensions de nous. Je crois qu’on a essayé de prolonger quelque chose, qu’on a d’abord développé ici sur Second Life. C’est une rencontre physique dans un lieu de passage (la gare St Charles, à Marseille – NDLR), mais pas uniquement. C’est aussi une sorte de communion des ressentis.
MB : En gros, c’est l’histoire d’une rencontre entre deux êtres de chair et de sang, et de pixels…
MN : Oui, c’est la construction de leur traversée de Second Life à la Real Life, imprégnée de leur qualité relationnelle déjà créée ici, sur SL. Ici, on travaille « en spéléologie ». J’ai voulu formuler cette exposition comme une exposition/livre/film, une façon de reprendre à l’échelle de ce que je fais maintenant sur SL, mon concept de « roman multimédia filmé à même la vie », mais en même temps, les frontières ne sont pas aussi nettes… Et puis ce que je fais sur le web est fondamentalement différent de ce que je fais ici, dans la mesure où je co-crée avec d’autres, chose que je ne faisais pas en RL. C’est la grande révélation que m’a apportée SL, et j’aime cette fusion –presque-, dans laquelle nous faisons émerger des parties de nous sous forme d’expositions.
MB : oui, parce qu’en plus, il n’y a pas que vous deux, d’impliqué dans ce travail collaboratif…
MN : ça va bien au delà d’une simple collaboration. Coulaut Menges (de la bibliothèque francophone – NDLR) qui y a participé, m’a assisté d’ailleurs à mes débuts. Il est le plus ancien partenaire qui soit à mes cotés, mis à part Naastik Rau (son compagnon dans la vraie vie – NDLR) bien sûr.
.
Sayax Milev m’a aidé pour le montage, et Typote Beck a été notre conseiller cinématographique sur ce projet. La musique est de Philippe Kodekko. Enfin, Frao Ra nous a donné son bateau…
C’est presque une symbiose, il s’est passé quelque chose de différent –un liant supplémentaire- entre nous, et c’est pour ça que je ne parle jamais « d’exposition collective »… Sans ce liant je ne sais pas travailler. Il faut que je sente cette possibilité chez ceux avec qui je m’engage à travailler. Nous passons beaucoup de temps dans le lien pour faire émerger ce qui sera à voir…
Coulaut Menges : On est comme des électrons tournant autour d’un atome… Et on y est lié par une force commune. Et mon travail avec toi a modelé ma manière de penser la biblio… C’est un échange de part et d’autre !
MB : Mais l’expo photo est composée de plusieurs époques différentes, non? Que symbolisent-elles?
MN : Oui, on a fait une immersion dans le temps aussi, aussi bien Anath’ que moi-même.
J’ai repris des poses dans lesquelles j’avais déjà posé dans les années 80. Et lui aussi, savait que nous irions sur l’ile du Frioul, où il avait participé à la réhabilitation de l’hôpital Caroline, il ya une dizaine d’année, et il m’a envoyé une photo qui avait été faite de lui à ce moment là. Tout cela était des indices, en quelque sorte, de ce qui allait composer notre rencontre. Nous nous sommes appuyés sur quelques faits, ces photos anciennes, et aussi ce livre (Le piano – NDLR) qu’Anathaniel a réussi à acheter par internet juste avant (ce livre est aujourd’hui introuvable dans le commerce. Dans le bâtiment qui est là, « le centre d’arts et d’essais transdisciplinaires » que j’ai créé ici, il y a une expo qui raconte ce livre, et son éditeur). On savait tous les deux qu’il amènerait ce livre pour que je lui fasse une dédicace. J’avais aussi une photographie prise de très près, du sourire d’Anath’. Je ne connaissais rien d’autre de lui physiquement. Nous avons joué avec ces quelques indices pour vivre, filmer et photographier ces destins croisés. Toujours ces touches qui se superposent, se mêlent, se répondent… Et puis j’aime partir d’histoires vraies…
MB : Ton livre, tu n’as pas eu envie de le republier sous forme de livre SL?, comme on en trouve à la bibli?
MN : Non, mais en RL, j’aimerais bien le republier, ainsi que les autres ! SL, c’est bien pour de petites éditions simples. Mais pour des livres plus complexes, je pense que ce n’est pas assez approprié. Lorsque j’ai écrit ce livre, et lorsqu’il a été publié, je savais qu’il serait « pour plus tard ». Je ne savais pas le dire mieux, mais je percevais qu’il y aurait un décalage entre sa parution et son « destin ». SL m’a permis de le ressortir, de revivre une forme de médiatisation en étant plus consentante qu’à l’époque, où j’avais 22 ans et où je manquais de maturité pour ça. J’aime travailler avec le temps, tu l’auras remarqué, mais sans passéisme ! Juste avec la conscience de sa texture, et de comment nous nous situons dans cette texture.
MB : Le damier tient une place prépondérante dans l’exposition. C’est quoi, l’échiquier de la vie?
MN : (rires), l’un de mes romans (non publié) s’appelle « les joueurs d’échiquiers ».
Ce sont effectivement les parties d’échec que nous jouons pour passer de ce que j’ai appelé : de la défiguration à la figuration. Ce sont des parties métaphysiques.
On allait tourner une dernière scène, la scène de la dédicace, mais on avait peu de temps avant le départ d’Anathaniel. Comme on passait devant ce carrelage, sur la colline du Pharo à Marseille, j’ai eu un flash : Il me fallait ces photos, et je les ai eues, en vitesse, et on en garde encore un grand souvenir, de cette course pour se positionner dans ce grand carrelage. C’est Naastik qui nous a photographiés de loin, d’en haut. Une sorte de dédicace symbolique, donc…
MB : Pourquoi ce titre : « la jetée des rêves »?
MN : Ah ! C’est un clin d’oeil à Chris Marker (qui m’a troublée, comme toute son œuvre : toujours en avance, il a fait représenter un espace sur Second Life, où nous nous sommes promenés avec Typote Beck) et à son film, « La jetée », que j’ai vu en 1979, puis revu par la suite, comprenant à quel point il m’avait profondément marqué, voire influencé. Ce film parle de la possible et impossible histoire entre un homme et une femme, qui retraversent le temps pour profiter de quelques rencontres. Là est sans doute la trame en commun ! Passer de SL à la RL, c’est une chose qui pourrait être banale… Mais nous y avons mis de la conscience. C’est la substance de notre exposition. Anath’ a restitué l’ambiance de la jetée à merveille. Il m’a posé des questions, a passé beaucoup de temps à murir ça…
MB : Anathaniel, parle-nous un peu de toi in SL…
AG : j’expose dans cette dimension-ci, dans une petite galerie de Kuai Hele (L’île de Tournicoton). D’ailleurs la séquence SL du film, a été tournée là, au milieu de mes photos. C’est la rencontre avec Naastik et Mariaka qui m’a amené à puiser dans une partie de moi un peu enfouie, et de me remettre à la photo notamment. Ce fut chez moi un révélateur de quelque chose de profond. C’est suite à nos échanges que Mariaka m’a envoyé vers son site, que j’ai lu, relu, et dont nous avons beaucoup parlé. C’est comme ça que cette exposition, qui est une « histoire de vies » est née, en somme…
Par Etienne Boyer le 10 octobre 2008 - Donnez votre avis
Le sculpteur de prims Frao Ra, ainsi que la nouvelle buildeuse Hoshiko Naidoo envahissent le champ de Tournicoton art Galery sur l’île Metaversel (241, 183, 21), dans Second Life, le temps d’une exposition éphémère baptisée « Second Stairway to Heaven ». Une union sacrée temporaire qui permet à ces deux artistes, aux styles très complémentaires, de créer une œuvre commune belle, lumineuse, translucide et surtout psychédélique.
En gros, il s’agit d’une construction au look proche de la « montagne russe », qui part du sol et vous emmènera dans les nuages, au travers les sculptures lumineuses et tourbillonnantes de Hoshiko. Le vernissage est prévu pour dimanche prochain, le 12 octobre, à 21 heures (heure française, et minuit heure SL)…
Une exposition que les amateurs « d’art sculptural virtuel » ne doivent rater sous aucun prétexte !
EHB