Par Etienne Boyer le 22 juin 2009 - 4 Commentaires
Second Life s’apprête à fêter ses 6 années d’existence, ce mardi 23 juin, dès 19 heures (10 am SLT). Pour fêter l’évènement, Linden Lab a permis aux acteurs de son monde virtuel de s’exprimer sur une vingtaine de régions dédiées in world, sur le thème « que sera le metaverse du futur ». Parmi toutes les réalisations, Territoire Digital a choisi de s’attarder sur celle mise en place par le collectif Vitis Foederata, composé de membres issus de différents groupes de la communauté francophone SL, qui, selon le blog officiel, ont décidé de « mettre en commun leurs compétences et expériences dans le cadre d’évènements ayant lieu dans le métaverse, sans ingérence dans les groupes, ou sans que l’un d’eux ne prenne l’avantage sur les autres ». Un groupe autonome et sans hiérarchie, avec ses projets propres.
Parmi les groupes qui le composent, on retrouve : le parc des Arts, Arcachon, la bibliothèque francophone, les explorateurs francophones, le p’tit routard SL, Cap Vert, Vegetal Planet, Prévention Sida, Metaverse Association, etc; avec des personnages emblématiques comme Frao Ra, Coulaut Menges, Vroum Short, Hugobiwan Zolnir, Cherry Manga, Serena Parisi, ou encore Batu Dragonash. C’est d’ailleurs des deux derniers que vient l’idée originelle de ce rassemblement artistique et culturel, selon Mallory Destiny, l’une des participantes au projet. Vitis Foederata, c’est concrètement (si l’on peut utiliser ce mot concernant un événement se déroulant dans un monde virtuel) une architecture en forme de grappe de raisins, symbole évident du réseau, et par extension du partage et de l’entraide. Chacun des grains de cette grappe représente un des dix groupes participant à l’oeuvre.
Un message symbolique qui semble vouloir dire que ce type de fédération de moyens et de compétences in world, dépourvue de toute forme d’ego pourrait bien être renouvelé, et constituer le véritable avenir du métaverse…
EHB.
Par Etienne Boyer le 26 février 2009 - 2 Commentaires
PhilippeO Janus vient de monter une galerie un peu spécifique, la « Metaverse Galerie« , qui s’apparente plus à un musée vivant sur Second Life, qu’à une galerie d’art classique… Explications!
Montparnasse Belgar : Qui es-tu, et que fais-tu, qu’est-ce que SL pour toi?
PhilippeO Janus : Pour parler de moi en deux mots, sur le web j’ai une activité d’agence web et de référencement. Je gère mes propres sites, dont Adminet france et le blog d’Adminet. Je vois Second Life comme une nouvelle forme d’internet, et demain, je ne m’interdis pas d’aller sur les open sim car je pense que l’avenir est aussi aux open grid/sim. J’espère faire venir sur SL mes propres clients ainsi que de nouveaux.
MB : Tu viens de créer sur SL une galerie d’un genre nouveau sur Bellobas 110/30/43. Quel en est le principe?
PhilippeO Janus : Il y en a plusieurs. Le premier c’est de faire découvrir Second Life à ceux qui arrivent, avec une présentation des personnes que j’y ai croisées et qui font SL. C’est un choix totalement subjectif sans critères formalisés, où l’avatar est présenté avec une photo et une note de présentation. Soit il a déjà la photo, soit on la fait ici, ou chez lui. Ce sont des gens dont j’ai trouvé que, d’une manière ou d’une autre, ils faisaient SL. Alors on pourra dire que chaque visiteur fait SL, mais je ne rencontre pas chaque visiteur! Chaque profil ici raconte une part de l’histoire de SL et continue à y contribuer. Voilà pour la galerie de profils. En face, il y a une galerie de lieux à visiter selon le même principe.
MB : Donc tu répertories ici un peu toutes les catégories « socio professionnelles » de SL? Je ne parle pas des “escorts”, bien entendu, mais plutôt des artistes, builders, etc…
PhilippeO Janus : Finalement dans les événements organisés ici ou là, on finit par retrouver un peu le meme groupe. Mais ce n’est pas une galerie d’artistes ou de builder. Je ne raisonne pas en termes de compétences. Mais finalement ce sont des profils divers qui, par la force des choses, se cotoient. Avec en effet des codeurs, des artistes, des commerciaux, des chefs d’entreprise, des graphistes, des touristes, et parfois, ceux qui sont un peu tout ça à la fois!
MB : Concernant les lieux, c’est pareil : éclectisme et feeling?
PhilippeO Janus : Oui! Il y a une face sombre de SL que j’ai choisi de ne pas présenter, car j’estime qu’on n’a pas besoin de moi pour la découvrir! Et je te vois venir : ce n’est pas une question de positivisme, mais une incitation à la découverte et à la curiosité. Idem pour les oeuvres d’art au 2ième étage : ce sont des oeuvres que j’ai achetées ou que les artistes m’ont données.
MB : Tu as trouvé un nom à ce projet, que j’ai déjà envie d’appeler un “musée vivant”?
PhilippeO Janus: Effectivement, c’est tout à fait ça, dans le sens où c’est inciter à la découverte d’un monde en mouvement, loin d’être figé, et sans autre critère que mon plaisir à faire découvrir. La “Metaverse Galerie”, c’est le nom de cet ensemble, est en construction permanente. Je suis toujours curieux de rencontrer de nouvelles personnes qui pourront venir -ou non- figurer dans la galerie de profils, visiter de nouveaux lieux à faire connaître, ou découvrir de nouvelles oeuvres à partager.
Ce qui est remarquable, c’est que la plupart des gens de la galerie se connaissent. Et quelque part, on voit ici une photographie de ce réseau informel. Je n’aurais pas pu faire cet endroit sans l’aide de Mallory Destiny qui a construit le bâtiment et contribue beaucoup à l’élaboration de la galerie.
MB : Tu vas organiser des events ici?
PhilippeO Janus : Déjà, l’inauguration le 10 mars, j’espère que ce sera le premier événement! Mais j’aimerais faire venir les uns et les autres sans rien d’autre de particulier. C’est déjà un évènement en soi! A l’avenir, je n’exclus pas des expositions temporaires, mais il existe déjà un très fort réseau de galeries d’art, qui fait très bien ce travail.
MB : Je vois qu’il te reste encore pas mal d’espace à garnir!
PhilippeO Janus: oui, on fera une inauguration par niveau. Mais ça prend du temps! Sinon, en face dans le « Metaverse Hotel », je compte faire venir des entreprises, associations ou autres communautés.
Propos recueillis par EHB.
Par Etienne Boyer le 29 décembre 2008 - 1 Commentaire
Joan Horsforth et Tilla Tobias se sont rencontrés sur Second Life. Le premier est un photographe naturaliste néerlandais (époux de Mallory Destiny dans la vraie vie, qui vend ses œuvres à des magazines, et exposera bientôt jusqu’au Brésil), la seconde est une artiste peintre indienne de grand talent, dont les toiles s’arrachent jusque dans Second Life. Ils ont aimé leurs travaux respectifs, et c’est ainsi qu’ils ont décidé d’exposer ensemble, dans la galerie d’art de Mariaka Nishi et Naastik Rau, sur l’île de Tournicoton. Cette exposition s’appelle « Bright in Benaras », car elle réunit la brillance lumineuse des photos de Joan, et celle des peintures de la légendaire ville de Benaras, en Inde, où vit Tilla.
L’inspiration et la chance
« Je travaille en numérique, avec des Nikon D200, D80, et parfois le Coolpix 7900, mais je n’utilise aucun logiciel. Ce sont des photos entièrement naturelles, sans trucages et sans filtres », précise Joan, alors qu’on s’interroge subtilement sur les effets colorés saisissants de ses clichés. En effet, ses fleurs ont un rendu incomparable. La lumière qui se dégage de ses paysages est quasiment féérique. « Bien sûr, j’utilise des lentilles assez chères, compatibles avec une exposition directe au soleil. Mais sinon, j’attends juste le bon climat, et l’inspiration du moment. Parfois, c’est aussi le coup de chance, qui permet de faire une belle image.» La réalité saisie dans son plus simple appareil, donc !
Les mystères de Benaras
Tilla est aussi une virtuose de la lumière. Les peintures visibles sur Tournicoton ont quelque chose de magique, de mystérieux. L’artiste a appris de nombreuses techniques (aquarelle, huile, acrylique, collages…) qui lui permettent de travailler le réalisme figuratif, l’impressionnisme, l’abstrait ou même l’art naïf ethnique comme personne. Les 11 toiles exposées ici représentent donc la ville de Benaras sous différents angles, dans des tons majoritairement ocres, qui laissent deviner une chaleur étouffante, et un environnement tout en tentures exotiques, dallages et escaliers biscornus. Assurément une façon différente de voyager, à travers les arts graphiques et Second Life…
EHB.
Par Etienne Boyer le 24 novembre 2008 - Donnez votre avis
Le linguiste et traducteur d’origine lithuano-polonaise Edouard Kloczko est aussi « tolkienologue », auteur de quatre ouvrages* en rapport avec l’auteur du célébrissime « Seigneur des anneaux ». Son petit dernier vient de sortir en librairie, et s’appelle « L’Encyclopédie des Elfes » (ed. Le Pré aux Clercs).
Être « Tolkienologue », qu’est-ce que ça signifie ? « Que je suis spécialiste de l’auteur JRR Tolkien. Je l’étudie, comme d’autres sont spécialistes de Balzac ou Victor Hugo ». « L’encyclopédie des Elfes » est un livre ethnographique illustré (par Sandrine Gestin, Thierry Cardinet, et Ted Nasmith), un peu comme ceux de la collection « la vie privée des hommes » chez Hachette, qui ont fait le bonheur de nos 12 ans, mais axé sur le monde imaginaire des Elfes de Tolkien. L’auteur, qui connaît bien ce petit monde depuis 1979, y aborde donc les aspects religieux, linguistiques et coutumes de ce peuple Elfique, sans aucun rapport avec les « fées » ou autres « elfes » du folklore.
Des Elfes pas si folkloriques
« Dans ce monde complexe qu’il a créé, Tolkien a fabriqué une race de toute pièce, et lui a donné un nom ancien : Elf (en anglais), Elfe en français. Et à cause de ce nom « Elfes », on pense souvent que les Elfes de Tolkien sont « gentils » ou « magiciens » ». Selon leur créateur, ces elfes sont en fait notre race sœur. Ils sont toujours là, mais sont devenus invisibles. C’est juste que leurs âmes ont fini par consumer leurs corps. Pourtant, certains peuvent les entrevoir parfois, de façon fugace… Enfin, c’est ce que l’imaginaire de Tolkien explique… « L’auteur de Bilbo le Hobbit a aussi imaginé une théologie, et le rapport entre l’âme et le corps. En fait, il a essayé de « reproduire » la complexité du monde réel ». Car il faut savoir que son roman (« Le Seigneur des Anneaux », connu du grand public) n’est que la partie émergée de l’iceberg, et que Tolkien a écrit de nombreuses choses beaucoup plus techniques, comme des dictionnaires, ou des grammaires de ces langues imaginaires… Mais pour bien apprécier « l’Encyclopédie des Elfes » à se juste valeur, Edouard conseille tout de même à ses lecteurs d’avoir au moins lu le best seller en question !
Présentation sur SL
Edouard Kloczko connaît bien Second Life, qu’il fréquente depuis plus d’un an. Lorsqu’il y a créé son compte, il a eu la chance de pouvoir tomber sur un nom assez similaire au sien : son avatar s’appelle donc Edward Klossovsky ! Et d’assumer : « Je ne fais pas de séparation entre ma vie réelle et ma vie virtuelle », car effectivement, il est important de savoir garder les pieds sur terre…
Naturellement, outre le circuit habituel de promotion du livre, Edouard sera aussi l’invité de la Bibliothèque francophone dans Second Life, avec laquelle il a l’intention d’organiser une rencontre avec le public, au cours de laquelle il présentera son « Encyclopédie des Elfes ». « La date reste à définir, mais j’y distribuerai un petit document pdf avec des extraits du livre ». Edouard sera aussi très probablement présent sur l’île Takahara, qui abrite le musée de son ami YannMinh McDowwll. « Pour le moment, il n’y a rien en rapport avec mon livre sur sa Sim, mais cela se fera d’ici quelques semaines ». Ça risque fort de grouiller d’avatars elfiques, le jour J !
L’adaptation de Jackson peu appréciée
La question subsidiaire qui brûle les lèvres : qu’est-ce qu’un spécialiste de John Ronald Reuel Tolkien a bien pu penser de la récente adaptation cinématographique de Peter Jackson ? La réponse ne se fait pas attendre, et est plutôt sans appel : « Je n’ai pas du tout aimé. C’est à mon avis une bien piètre adaptation, sans souffle. Un peu comme un gros gâteau bien lourd, et bien long. C’est aussi très inégal : il y a de bons moments, que côtoient des passages très médiocres. Mais le pire, c’est la musique !
Dans le genre monde fantastique, imaginaire mais très réaliste aussi, je préfère largement l’univers développé par Hayao Miyazaki. Le voyage Chihiro, par exemple, est un pur chef d’œuvre ! Les trois films de Peter Jackson n’ont aucune grâce, ce sont des adaptations pesantes à l’humour gras. Le premier épisode ça passe encore, mais le second est vraiment ennuyeux. Et le 3ième fait trop de changements (dans le fond et la forme) par rapport à l’œuvre originale ! Mais bon, ce n’est pas à proprement parler un échec, dans le sens ou le public l’a plébiscité. Je parlerai plutôt d’échec esthétique et artistique. »
EHB.
* dont un dictionnaire des langues elfiques (paru en 1995), un dictionnaire des langues des Hobbits, et des Nains, des Orques (2002), ainsi qu’un recueil d’articles sur Tolkien intitulé « Tolkien en France » (1998).