Par Etienne Boyer le 16 janvier 2009 - Donnez votre avis
Un barcamp sur le thème de « Second Life » aura lieu in world les 24 et 25 janvier prochains sur l’île de Metalab 3D (Paris Ile de France 60/183/251), dès 18h00. Le principal initiateur, Mascottus Phlox, nous en dit un peu plus sur cette initiative…
Montparnasse Belgar : Qu’est-ce qu’un Barcamp ?
Mascottus Phlox : C’est une conférence sans conférencier et sans spectateurs, sans projections, etc. Une « non-conférence », donc ! Un genre de salon à thème, où chacun participe, écoute, découvre, partage des idées ou des expériences. On va certainement apprendre des tas de choses auxquelles on n’avait jamais pensé… Peut-être même que cette initiative va générer des projets communs, on verra bien ! Le concept fait très geek, mais les barcamps existent depuis toujours : quand tu vas retrouver des potes au bar pour discuter de choses et d’autres, c’est un peu ça !
MB : Alors justement, pourquoi avoir choisi de faire ce Barcamp « spécial Second Life », dans le monde virtuel ?
MP : Nous, on fait le pari que ça peut marcher dans SL, avec la communauté francophone. Sauf que dans Second Life, c’est extrêmement plus facile à mettre en place que dans la vraie vie. Le coût et la logistique sont minimes, il n’y a pas de trajets interminables à assumer, ni de lieu spécifique (comme la capitale, par exemple, où les principaux acteurs de la communauté francophone ne vivent pas forcément, par ailleurs…) à rallier. Tous ceux qui auront envie d’y participer pourront dont le faire depuis chez eux, et ne seront pas obligés de rester non-stop, comme dans un Barcamp Real Life.
Et puis ça montrera aussi que SL n’est pas vide, et qu’il y a des gens qui ont des tas choses à y dire, et à y faire !
MB : Quels sujets allez-vous développer ?
MP : Ouh là ! Alors pour ça, je conseille aux personnes intéressées d’aller consulter le WIKI du Barcamp. Le thème principal sera bien entendu le métavers, mais il y a d’ores et déjà de nombreuses thématiques qui seront évoquées autour du sujet, comme « Holo-émetteur », « SL-messenger », « pandorabots », « blog », « géographie », « Bibliothèque francophone de SL et interactions RL/SL », « Convergence de contenus web/metavers/web 3D », « Ecologie dans SL», « Projet prospectic », « Lien entre Opensim et SL », « Son et musique », « initiation au build », « Histoire et avenir des metaverses d’un point de vue culturel », « présentation de plugins pour Joomla! et Drupal pour SL ». Mais c’est encore ouvert ! Si vous avez des propositions, venez vous inscrire !
On a aussi entre 30 et 40 participants issus de la communauté francophone qui sont inscrits pour le moment, parmi lesquels : Ange Zanetti, Nessy Lupino, Gally Young, Tao Vacano, Hugobiwan Zolnir, Gehan Kamachi, et bien d’autres…
MB : Quelles sont vos attentes ?
MP : C’est pareil, chacun a ses propres motivations et attentes, avec ce Barcamp. Le point de convergence entre les participants dans ce domaine est surtout la notion de partage d’idées et d’échange, la réflexion… Mais aussi la rencontre de personnes proches du thème, susceptible de créer des alliances pour des projets futurs !
Propos recueillis par EHB.
Par Etienne Boyer le 16 septembre 2008 - Donnez votre avis
Par le biais de son blog http://mascottus.free.fr, dans lequel il publie des revues de flux, des articles, ou des reportages photos, Mascottus Phlox se veut un observateur de Second-Life.
Montparnasse Belgar a rencontré ce personnage incontournable de la communauté francophone, qui en a profité pour lui faire découvrir ses lieux –virtuels- de prédilection :
Montparnasse Belgar : Nous sommes sur la SIM Second Nature 3 (150, 105, 21). Peux tu nous expliquer de quoi il s’agit ?
Mascottus Phlox : C’est une île qui permet de faire des expériences sur des primitives (formes construites) animées qui vivent, se nourrissent, se reproduisent, évoluent (en modifiant leur code génétique) et meurent. C’est tout un écosystème original qui a été construit ici par l’Ecosystem Working Group. Certaines créatures sont autonomes pour bouger, se reproduire, se nourrir; mais pour d’autres, il est possible pour les résidents d’avoir une action sur elles, soit pour leur nourriture, soit pour leur reproduction (et donc leur évolution), pour quelques Linden dollars.
Auparavant, cette SIM se trouvait près de Gaia, là où se situe l’actuelle Terminus. Il arrivait alors fréquemment que des créatures envahissent l’accueil francophone !
MB : Qui es tu, dans la vraie vie ?
MP : Je m’appelle Philippe Couzon, j’habite à Vienne, pas en Autriche, mais au sud de Lyon ! Je suis animateur polyvalent dans une mairie et un centre social.
MB : Qu’est-ce qui t’a attiré sur Second-Life ?
MP : C’est un univers persistant, qui permet de faire des choses à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Ce qui était assez compatible avec mes horaires de travail. Auparavant, j’avais commencé à découvrir les logiciels d’immersion dans une réalité virtuelle avec le « deuxième monde », de Cryo.
Et puis j’ai atterri sur SL. Il me semblait intéressant de faire évoluer un personnage. J’ai créé mon avatar le 28 janvier 2007, un peu avant les élections présidentielles, ce qui m’a permis de rencontrer du monde. Dans le processus de la découverte, des choses m’ont assez vite choqué, et notamment les barrières invisibles délimitant les propriétés privées. Autant je trouve qu’il y a un sens à tout ça dans la vie réelle, autant ça m’a fait vraiment bizarre sur Second-Life, de ne pas pouvoir accéder à tout et partout, alors même que les avatars peuvent voler dans le ciel! Sur les autres mondes virtuels que j’avais visité, il n’y avait pas cette notion de propriété privée… Le comble : à l’époque des élections, il y avait -comme partout ailleurs, sur les domaines de présidentiables- un espace de débat sur la parcelle de « Désir d’Avenir », mais elle était privée ! J’ai donc commencé à blogger à ce sujet.
Aujourd’hui, il y a beaucoup plus de régions, donc on circule mieux, mais il y a toujours proportionnellement autant de barrières.
Tiens, tu connais Arcachon (90, 56, 21) ? J’aime bien le côté tranquille de cette SIM. Allez, viens, je te téléporte !
MB : Parle nous de la création du groupe Vert…
MP : Très vite, j’ai commencé par créer le groupe Voynet 2007. Cela me semblait logique qu’il n’y ait pas que l’UMP, le PS, le FN, (François Bayrou et José Bové se sont implantés plus tard) de représentés sur Second-Life. Cela s’est fait parce qu’il y avait des besoins. Et puis d’autres personnes se sont greffées, ont apporté des choses… J’ai créé le Jardin Vert, lieu d’info sur lequel on a accueilli la campagne de Dominique Voynet. Après les élections, ce groupe politique est naturellement devenu celui des Verts. Parallèlement, nous avons créé « l’écolo green team » pour rassembler les écologistes francophones (comme « Aire », ou « Le fond du lac »…), plus quelques gens de gauche sensibilisés par la sauvegarde de l’environnement… Nous y avons fait des expositions (sur Bali, l’électricité, Tchernobyl, etc.) organisé des conférences… Pour les municipales 2008, Denis Baupin, le candidat Vert à Paris est même venu assurer une présence sur Second-Life !
Et puis comme dans la vraie vie, dès qu’un groupe commence a avoir du succès, des conflits apparaissent… Aujourd’hui, je ne suis plus impliqué dans la direction de ces groupes.
MB : Mais tu es devenu un observateur incontournable de la planète SL !
MP : Disons qu’à ma petite échelle, et bénévolement, je fais un travail de veille. Sur mon blog, j’ordonne l’info. Je fais surtout une revue de liens. Il y a (et a eu) pas mal d’essais de journaux traitant de Second Life. Mais c’est sous le coup du bénévolat, et ça prend du temps, alors l’élan finit par s’essouffler. Je ne pense pas qu’on puisse faire un vrai magazine dans les conditions actuelles…
MB : On prend les paris ? Bon, pour terminer, qu’attends-tu aujourd’hui de Second Life ?
MP : C’est surtout aux résidents de voir ce qu’ils veulent en faire ! Actuellement, on distingue deux populations bien distinctes : les « RolePlay », ceux qui cherchent plutôt le côté divertissant de Second-Life, et ceux qui cherchent à y faire du business. Lorsque les deux groupes se seront réconciliés, je pense que ce sera mieux!
En outre, je trouve dommage de refaire sur SL ce qui existe dans la vraie vie. Par exemple, avec toutes les possibilités techniques envisageables, les maisons n’ont pas besoin d’être implantées au sol ! Et puis il faudrait un vrai moteur de recherche, avoir accès au web plus facilement, et permettre les transferts vers d’autres mondes virtuels.
Enfin, les choses avancent quand même : la disparition des réseaux de pub sur le Mainland me réjouit particulièrement !
Allez, je t’emmène faire un dernier voyage sur Commonwealth Island (68,60, 651). Tu vas voir, c’est assez original : c’est une île implantée par des ONG où tu peux visiter une centrale nucléaire, une compagnie pétrolière, une station d’épuration, une centrale électrique, etc…