Par Etienne Boyer le 30 septembre 2009 - Donnez votre avis
Tournicoton Art Gallery, c’est l’une des galeries d’art francophones les plus importantes de la communauté Second Life. Peu avant les vacances d’été, ses organisateurs ont été confrontés à une surprise de taille : le propriétaire de la sim -en cessation de paiement- avait tout simplement fermé les portes sans avertissement préalable ! Oui, ça aurait très bien pu être la fin de Tournicoton, si Naastik Rau, Mariaka Nishi et leurs amis n’avaient pas pris le problème à bras le corps. Aujourd’hui, la galerie a élu domicile dans sa propre île virtuelle, baptisée Metaversel, et s’apprête à fêter l’évènement ce premier week-end d’octobre !
Montparnasse Belgar est allé voir sur place avant le D-day, et a réalisé cette interview à trois claviers !
Montparnasse Belgar : J’ai déjà un peu abordé le sujet lors d’une récente interview de Naastik Rau au sujet de Zéro Linden, mais que s’est il passé pour que vous déménagiez?
Mariaka Nishi : Ah bonne question !
Coulaut Menges : juste un gag !
MN : lol. Donc nous n’étions pas propriétaires de la sim, juste de notre terrain. Et le vrai propriétaire n’a plus payé les frais de sa quarantaine de sims. Elles ont donc été fermées par Linden Lab. Naastik a tout de suite réagi quand il a compris qu’on n’accédait plus à notre terrain et que ce n’était pas normal. Il a eu l’info par l’ancienne associée du proprio, et a contacté Linden Lab, qui nous a exceptionnellement réouvert la sim pour trois jours.
Naastik Rau : Et même quatre, en fait ! Nous ne savons pas ce qui s’est passé pour la propriétaire de la sim, son associée n’était pas au courant non plus ; elle a découvert en même temps que nous et nous a beaucoup aidé à son niveau. Le jour même, j’ai quand même dit à Mariaka « Tournicoton, c’est fini » !
Par Etienne Boyer le 08 septembre 2009 - Donnez votre avis
Sur Second Life, il est des lieux qui, même si la technologie évolue et les gens vont et viennent, continueront toujours à attirer les foules. Le principe du « Freebie » (objet distribué gratuitement) est particulièrement prisé par les nouveaux résidents désargentés, qui cherchent à rendre leur expérience du jeu intéressante. Zéro Linden est l’un de ces lieux francophones. Créé et géré par Naastik Rau, on le trouve dans l’enceinte de la galerie d’art Tournicoton, qui a désormais élu domicile sur la sim Metaversel 146/222/22. Le propriétaire a consenti à nous en dire un peu plus. Interview :
Montparnasse Belgar: alors, d’abord, on va poser les bases : tu es créateur de cet espace (Zéro Linden), mais depuis combien de temps es-tu sur Second Life ?
Naastik Rau : je suis arrivé sur Second Life en février 2007, cela fait 2 ans et demi. J’ai construit zero linden en septembre 2007. Le nom est venu simplement avec la nature du lieu.
MB: Qu’est-ce qui t’a motivé sur ce projet?
NR: quand je suis arrivé sur Second Life, j’ai choisi un avatar féminin, cela m’a naturellement amené à faire les boutiques pour habiller Naastik. Puis, quelques temps ont passé, et je me suis aperçu que quelques vêtements que j’avais acheté étaient en fait distribués gratuitement dans quelques magasins ! On dira que je n’avais pas toute l’information, lol !
J’ai donc décidé de construire un lieu ou l’on peut les trouver gratuitement. Pour cela, j’ai visité plusieurs freebie-centers sur Second Life. Et il y en a beaucoup : j’ai passé plus de deux mois à parcourir SL rien que pour ça !
MB : Ah tiens (petite digression) d’ailleurs, puisque tu en parles : pourquoi avoir choisi un avatar féminin?
NR : Ah ! Pour plusieurs raisons en fait. Initialement, je suis venu sur Second Life par le biais de la campagne présidentielle. C’est un ami qui m’a proposé de venir débattre sur les agoras politiques. Une des raisons est que je souhaitais des échanges constructifs, ce qui n’est pas simple, même quand on a beaucoup de volonté. J’ai pensé qu’avec un avatar féminin, je mettais plus de chances de mon coté. C’était évidement sans compter d’autres problématiques liées au fait même de cette apparence… Une autre raison était que je souhaitais laisser libre cours à l’expression de ce qu’on nomme « la partie féminine » en soi.
Et puis, je me suis rendu compte qu’avec cet avatar, cela me donnait aussi la possibilité d’apprendre quels sont les types d’échanges que l’on peut recevoir lorsque l’on est perçue comme une femme, c’est très intéressant. Ceci dit, je me suis habitué et je ne fais plus attention, maintenant ! De toute façon, je ne cache pas que je suis un homme. (Lire la suite…)
Par Etienne Boyer le 17 avril 2009 - 1 Commentaire
Tournicoton (Metaversel) vient d’inaugurer une toute nouvelle exposition transdisciplinaire, déambulatoire et permanente intitulée La Planète des Petits Princes. Si l’on doit l’idée originale à la prolifique Mariaka Nishi (aka Anne Astier), l’artiste s’est une nouvelle fois entourée d’un pléthore de partenaires pour la réalisation de cette oeuvre multi-facettes. Parmi lesquels on retrouve Naastik Rau, Frao Ra, Sacremeustache Beerbaum, Coulaut Menges, Joan Horsforth, Typote Beck, Léonie Becuwe, Philippe Kodekko, Hoshiko Naidoo, Anathaniel Gausman, et Jean-Marie Legros, qui apparaissent à divers niveaux de participation : photographie, dessins, musique, son (une introduction textuelle de l’écrivain Satprem, diffusée en boucle, permet de se mettre dans l’ambiance), build, conseils et inspiration.
Un hymne -plein d’espoir- à l’humanité.
“Le concept est toujours sur le principe d’un cheminement dans une exposition (à ressentir dans sa forme énergétique) qui délivre au passage de petites graines, de petites touches, pour assembler un puzzle qui devient cohérent dans son ensemble”, explique l’initiatrice. “Et le thème de l’exposition est l’humanité et notre planète d’accueil. Je voulais restituer, accompagner un peu et sans démonstration toute faite cette évolution de nous même, et de la société que nous construisons. En fait, tout converge pour amener doucement le promeneur vers un endroit de lui même, et vers son avenir!”
Pour Mariaka et ses compagnons, “La planète des petits princes” -truffée de symboles et d’analogies discrètes au chef d’oeuvre d’Antoine de Saint Exupéry (qui invitait le lecteur à retrouver l’enfant qui vit en soi)- c’est une manière poétique de restaurer la force et la beauté sur la terre, de reprendre une conscience d’amour…
La balle est dans votre camp…
Mariaka avait commencé à réfléchir à cette oeuvre commune avec une première équipe un an auparavant. Et puis pour x raisons, le projet n’a pu aboutir, et fut ajourné. “Je pensais même la dissoudre, et c’est au moment où je me suis décidée à la vider de mon inventaire que je l’ai revue, et qu’elle m’est apparue!”
Alors, entourée d’une nouvelle équipe, le projet artistique -qui oscille entre naturalisme, suréalisme symbolique et psychédélisme- a pu arriver à maturité, pour enfin éclore. On y retrouve tout ce qui fait la force de l’humanité, sa richesse, sa diversité, sa créativité, et les merveilles terrestres qui font que tout ceci pourrait s’accomplir en parfaite harmonie symbiotique, si seulement on en prenait conscience…
L’exposition semble vouloir nous mettre face à nous même, et nous demander : “alors, quelle route allez vous prendre, maintenant que vous savez?” Bonne question, en vérité… Et vous, quel sera votre choix?
EHB
Par Etienne Boyer le 29 décembre 2008 - 1 Commentaire
Joan Horsforth et Tilla Tobias se sont rencontrés sur Second Life. Le premier est un photographe naturaliste néerlandais (époux de Mallory Destiny dans la vraie vie, qui vend ses œuvres à des magazines, et exposera bientôt jusqu’au Brésil), la seconde est une artiste peintre indienne de grand talent, dont les toiles s’arrachent jusque dans Second Life. Ils ont aimé leurs travaux respectifs, et c’est ainsi qu’ils ont décidé d’exposer ensemble, dans la galerie d’art de Mariaka Nishi et Naastik Rau, sur l’île de Tournicoton. Cette exposition s’appelle « Bright in Benaras », car elle réunit la brillance lumineuse des photos de Joan, et celle des peintures de la légendaire ville de Benaras, en Inde, où vit Tilla.
L’inspiration et la chance
« Je travaille en numérique, avec des Nikon D200, D80, et parfois le Coolpix 7900, mais je n’utilise aucun logiciel. Ce sont des photos entièrement naturelles, sans trucages et sans filtres », précise Joan, alors qu’on s’interroge subtilement sur les effets colorés saisissants de ses clichés. En effet, ses fleurs ont un rendu incomparable. La lumière qui se dégage de ses paysages est quasiment féérique. « Bien sûr, j’utilise des lentilles assez chères, compatibles avec une exposition directe au soleil. Mais sinon, j’attends juste le bon climat, et l’inspiration du moment. Parfois, c’est aussi le coup de chance, qui permet de faire une belle image.» La réalité saisie dans son plus simple appareil, donc !
Les mystères de Benaras
Tilla est aussi une virtuose de la lumière. Les peintures visibles sur Tournicoton ont quelque chose de magique, de mystérieux. L’artiste a appris de nombreuses techniques (aquarelle, huile, acrylique, collages…) qui lui permettent de travailler le réalisme figuratif, l’impressionnisme, l’abstrait ou même l’art naïf ethnique comme personne. Les 11 toiles exposées ici représentent donc la ville de Benaras sous différents angles, dans des tons majoritairement ocres, qui laissent deviner une chaleur étouffante, et un environnement tout en tentures exotiques, dallages et escaliers biscornus. Assurément une façon différente de voyager, à travers les arts graphiques et Second Life…
EHB.
Par Etienne Boyer le 10 décembre 2008 - 1 Commentaire
Sacremeustache Beerbaum est un grand ami de Mariaka Nishi et Naastik Rau, de la galerie d’art Tournicoton. Il a déjà collaboré à plusieurs travaux artistiques avec le duo. Ce coup-ci, c’est lui le héros du jour, même s’il revendique avoir reçu l’aide inestimable de Domi Ahn collaboratrice du guide touristique in SL), qui lui a buildé ce château flottant dans les cieux, et d’une manière générale celle de tous les membres de l’équipe. « Domi a reconstitué la forteresse de Montségur à l’échelle, avec des plans, et des photos que je lui ai ramenés, pour les détails. Il est comme dans la vraie vie : son orientation est dans son exacte position par rapport aux points cardinaux, et positionné à la même hauteur ». C’est donc une véritable œuvre d’art en trois dimensions, qui mesure 100×100 mètres (soit un quart de SIM) qui servira d’écrin à cette exposition de l’ange esselien…
L’empreinte de l’église romaine
Car dans la vraie vie, Sacremeustache est natif de ces terres, qu’il a saisi de nombreuses fois sur pellicule. Carcassonne, Quéribus, Montségur , Peyrepertuse, Miglos… Autant de lieux et routes par lesquels sont un jour passés les Cathares. Des noms qui n’ont plus de secrets pour l’ange, qui a fait pas moins de 780 clichés, et en exposera 48, répartis sur trois niveaux dans la forteresse. Une seule d’entre elle, qui représente un calvaire, a été nommée (Reconquista) par l’artiste. « L’histoire du Languedoc est intimement liée à celle des Cathares. Une civilisation en avance sur son temps, qui a été martyrisée, abattue, violée, massacrée, par l’inquisition et les chevaliers du nord. Ce sont certains historiens et hommes de Lettres qui l’ont replacée dans le contexte qu’il méritait, celui d’une église chrétienne, humble et pauvre. C’est une tragédie, qui nous ramène à l’actualité : celle de l’intolérance. »
EHB.