Par Etienne Boyer le 29 décembre 2008 - 1 Commentaire
Joan Horsforth et Tilla Tobias se sont rencontrés sur Second Life. Le premier est un photographe naturaliste néerlandais (époux de Mallory Destiny dans la vraie vie, qui vend ses œuvres à des magazines, et exposera bientôt jusqu’au Brésil), la seconde est une artiste peintre indienne de grand talent, dont les toiles s’arrachent jusque dans Second Life. Ils ont aimé leurs travaux respectifs, et c’est ainsi qu’ils ont décidé d’exposer ensemble, dans la galerie d’art de Mariaka Nishi et Naastik Rau, sur l’île de Tournicoton. Cette exposition s’appelle « Bright in Benaras », car elle réunit la brillance lumineuse des photos de Joan, et celle des peintures de la légendaire ville de Benaras, en Inde, où vit Tilla.
L’inspiration et la chance
« Je travaille en numérique, avec des Nikon D200, D80, et parfois le Coolpix 7900, mais je n’utilise aucun logiciel. Ce sont des photos entièrement naturelles, sans trucages et sans filtres », précise Joan, alors qu’on s’interroge subtilement sur les effets colorés saisissants de ses clichés. En effet, ses fleurs ont un rendu incomparable. La lumière qui se dégage de ses paysages est quasiment féérique. « Bien sûr, j’utilise des lentilles assez chères, compatibles avec une exposition directe au soleil. Mais sinon, j’attends juste le bon climat, et l’inspiration du moment. Parfois, c’est aussi le coup de chance, qui permet de faire une belle image.» La réalité saisie dans son plus simple appareil, donc !
Les mystères de Benaras
Tilla est aussi une virtuose de la lumière. Les peintures visibles sur Tournicoton ont quelque chose de magique, de mystérieux. L’artiste a appris de nombreuses techniques (aquarelle, huile, acrylique, collages…) qui lui permettent de travailler le réalisme figuratif, l’impressionnisme, l’abstrait ou même l’art naïf ethnique comme personne. Les 11 toiles exposées ici représentent donc la ville de Benaras sous différents angles, dans des tons majoritairement ocres, qui laissent deviner une chaleur étouffante, et un environnement tout en tentures exotiques, dallages et escaliers biscornus. Assurément une façon différente de voyager, à travers les arts graphiques et Second Life…
EHB.
Par Etienne Boyer le 21 novembre 2008 - 4 Commentaires
Yperfokal Allen et Formentera Voom sont les deux « patrons » du Parc des Arts in SL. Montparnasse Belgar les a rencontrés et cuisinés sur leurs activités, ainsi que leur vision du monde virtuel de Linden Lab. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leur regard est plein de recul, et qu’ils ne mâchent pas leurs mots ! Entretien…
Montparnasse Belgar : Présente-moi Le parc des Arts…
Yperfokal Allen : le parc est le fruit de la réunion du travail de deux groupes : Imaginart et Mecenart. Nous avions créé des groupes Formentera Voom et moi, afin de présenter le travail d’artistes. Notre démarche de départ était différente. « Form » (qui est aujourd’hui notre présidente) travaillait déjà bénévolement avec des associations in Real Life, qui aident à la diffusion d’artistes. Ce qu’elle a fait ici est la continuité de sa passion RL. Moi j’étais là pour travailler le design, et utiliser Second Life comme un support de création pour mon job (je suis designer et architecte d’intérieur). Mais je n’utilisais que peu de place et peu de prims. Alors j’ai commencé à monter un espace sur une « sky » pour présenter le travail d’artistes que je connaissais. Ceci sans aucun lien d’argent…
Puis j’ai acheté un terrain plus grand…
MB : Une forme de mécénat, donc ?
YA : Disons que c’est en quelque sorte un usage SL du développement durable… J’ai eu besoin de place pour mon job, alors je me suis demandé « pourquoi ne pas partager ce que j’avais, et le mettre à disposition des autres ? » Donc je prends ce dont j’ai besoin, et le reste je le laisse à d’autres créatifs.
Un jour une personne « Cherry Manga » a offert un terrain a Formentera pour qu’elle puisse déménager Imaginart dans un environnement plus léger que celui où elle était. Parce que le problème de Second Life, c’est que du jour au lendemain, tu peux avoir une Sim de guerre a côté qui s’installe en RolePlay… Avec son lot de béton et chars d’assaut !
Avoir deux groupes ne servait a rien, sinon à se sentir chef et important ! Nous avons donc mis fin à nos groupes respectifs au profit d’une solution collective : l’association Parc des Arts, oeuvrant autour de la promotion et de la diffusion de l’art. Les valeurs et les objectifs étaient à présent les mêmes ! Beaucoup de personnes nous ont aidés, encouragés…
Et puis, on c’est dit qu’il était dommage de rester loin, l’un de l’autre. Alors j’ai lâché mes locations pour acheter ici, avec elle. Nos deux identités sont bien là, mais nous les avons gérées en harmonie. La suite tombe sous le sens…
MB : Il existe plein d’autres galeries francophones d’art sur SL, pourquoi n’avoir pas tous fusionné?
YA : Il y a, à mon sens, trois méthodes et trois esprits : la première est une galerie au sens propre du terme, avec pour but la vente d’oeuvres d’art. Nous, nous avions choisi de ne pas faire de business, ce qui est une parfaite utopie ! Nous avons peu de moyen, et mettons ici tout notre budget. Nous payons avec Formentera une location de près de 350 euros par mois, soient 15% de nos revenus…
Le second type de galeries est plutôt une galerie au service d’une personne en particulier. Il y a des endroits superbes comme l’ile Moya. Là, pas de soucis : il y a un concept, un artiste, du fond, de la forme, et c’est très bon. Il existe aussi des endroits où tout un chacun peut monter sa propre galerie au service de son ego, pour se faire plaisir… Toutefois, c’est dangereux, car il y a beaucoup de flatteurs sur Second Life. Il est facile de s’entourer de gens qui flattent, et beaucoup plus difficile d’accepter une critique, un avis, et de continuer à travailler !
MB : Ce qui est étrange… Dans la mesure où justement, on pourrait facilement -en tant qu’anonyme- balancer pas mal…
YA : Oui, mais c’est l’inverse qui se produit, quand on ne connait pas grand-chose (rires) ! Un peu comme le roi et sa cour, donc… Il est plus facile de dire: « Oh, bravo, c’est sublime!!! », que de construire une remarque et de l’argumenter. Non, il ne faut pas y voir des enjeux : les gens sont sur SL dans des buts différents. Certains pour y vivre d’autres choses, et d’autres sont sur SL comme en RL, chacun dans son registre.
MB : On ne va pas citer de noms, si?
YA : Tu connais la célèbre phrase : « Les hommes aux valeurs humaines, intelligents et soucieux des autres se reconnaitront à l’inverse des mots dictés ici, les imbéciles imagineront sans doutes que l’on parle des autres… »
MB : Hum, bon… Et le troisième type de galeries ?
YA : Ce sont des endroits comme la bibliothèque francophone, ou les galeries crossworld. Ce sont des lieux ou l’on recherche la qualité, où l’on veut faire découvrir l’art sous différentes formes, avec des techniques différentes. Nous avons souvent ouvert la porte pour chercher des moyens de relier ces univers. C’est difficile, car il y a de tout coté de fortes personnalités, et chacun craint de perdre quelque chose…
MB : Mais étrangement, on retrouve dans chacune des ces formes de lieux d’exposition des artistes récurrents, comme par exemple Frao Ra, qui a créé le lampadaire sur lequel nous sommes assis…
YA : Oui, alors ça -Frao Ra mis à part- c’est un des problèmes de SL ! Il fait partie du groupe depuis longtemps, et nous a aidés à concevoir ce lieu. Il n’expose pas les mêmes choses, mises à part quelques pièces, sinon, il recréé avec son identité. Alors pour être honnête, c’est vrai que ça gravite souvent autour des mêmes personnes, qui tournent de galerie en galerie…
Présenter des choses différentes dans des endroits différents, c’est parfait : Frao Ra, Aristide Despret, pas de problème ! Mais présenter les mêmes choses pendant un an, sans rien faire de nouveau et à plein d’endroits différents, cela n’a aucun intérêt. Et c’est souvent le fruit de personnes qui n’ont pas particulièrement du talent…
Cela pose aussi le problème des droits d’auteur. Nous avons souvent vu des personnes utiliser des photos prises sur Internet, et les présenter sur SL sans donner le nom de l’auteur, ou encore des personnes utiliser des oeuvres faites par d’autres dans un autre contexte. La technologie s’y prête, alors forcément, il y a des abus… C’est le danger ! Ici, nous veillons à cela. Nous faisons venir sur Second Life des artistes qui n’y sont jamais venus. D’ailleurs, la plupart des expos en ce moment sont celles d’artistes qui ne sont jamais venus sur SL.
Nous sommes partenaires et représentants de l’association UPC, une association de photographes-auteurs, qui défendent entre autres le droit d’auteur. Il faut être très vigilent, tu sais ? Ici, le dérapage est facile. Et être en désaccord avec quelqu’un peut donner des résultats inattendus ! Je ne rentrerai pas dans le détail…
MB : J’ai cru constater, effectivement… ça m’a surpris que ce qui peut se dérouler parfois dans la vraie vie puisse aussi arriver sur SL!
YA : C’est pire sur SL ! Les mots vont plus loin ! Dernièrement, sous prétexte que je demandais des explications aux organisateurs d’une expo qui ont utilisé des oeuvres SL qui ont été créées pour l’exposition permanente « Prévention sida », nous avons été traités de « secte et de nazis »… Les mots vont loin ! Il serait beaucoup plus difficile de dire cela de vive voix. Or, tu l’as vu sur notre site : les statuts y sont, les comptes sont clairs, nous n’avons pas d’intérêts persos, et sommes ouverts à la critique. J’ai mis six mois pour réaliser le concept des salles d’expo. Alors reprocher aux autres ce que l’on fait soi même, c’est de la propagande !
En fait, la question est la suivante : peut-on faire sur SL n’importe quoi, peut-on dire et faire les choses sans éthique ? La loi est-elle ici « le non respect des droits élémentaires » ? Chacun fait son choix. Donc pour répondre à ta question sur les autres endroits et les alliances possibles, je pense qu’il faut des choses différentes, mais de qualité. Je pense qu’il faudrait organiser un réseau, afin de mettre en commun un certain nombre de moyens. Nous ouvrons la porte depuis le début. Certains nous rejoignent…
Je vais te donner un exemple : nous réfléchissons à la possibilité de monter notre propre grid, hébergée sur notre propre serveur. Tous ceux qui le souhaitent peuvent participer au projet, y compris des personnes qui ne font pas parti de l’association. Nous avons créé sur le forum interne de l’asso une page spécifique pour donner accès aux non-membres, par le biais d’un code. Nous mettons en commun les ressources et les recherches, peu importe que d’autres copient, au contraire ! Tous ceux qui participent comprennent l’importance de partager. Nous testons en ce moment, mais l’idée est de fédérer. Chacun gardera son identité, il n’y aura pas de règles ni de lois, mais chacun respectera une éthique et des buts communs : pas d’argent, mise en commun des ressources (build, textures, scripts…). On ne sait pas si on va réussir. Mais comme on dit : « s’ils avaient su que c’était impossible, ils ne l’auraient pas fait ».
Nous donnons des sims de 45000 prims, alors il faudra jouer le jeu, et ne pas dépasser la ligne rouge !
MB : La ligne rouge, sur ce nouveau projet, c’est quoi? Éviter les excès rencontrés sur SL?
YA : C’est la même que sur Second Life : Nous n’avons eu depuis un an qu’un seul gros problème (avec les deux personnes précitées). Nous avons souvent des désaccords, mais ça c’est normal : c’est un échange, sans complaisance et sans animosité. Les personnes qui sont avec nous vont dans le même sens. Nous ne laisserons pas effectivement les dérives de SL s’installer. Il n’y aura pas d’argent, pas de maison à louer, et s’il y a des maisons, chacun pourra y passer un moment avec ses amis. Il y aura des endroits pour builder, faire de la recherche, créer, mais sur des Sky. Le niveau au sol doit être nickel. Nous aurons des visiteurs extérieurs au métaverse, et nous devrons montrer ce que l’on fait de bien, par respect pour les autres.
On n’invente rien tu sais, c’est juste une question de respect ! Imagine un artiste expose. Il fait venir des personnes qui souhaitent lui acheter une oeuvre ou soutenir son travail, et juste à côté, on a un type qui met au point un jeu de lumières type boite de nuit. Il va desservir le copain d’à coté, alors que l’on va offrir aux constructeurs scripteurs une Sky pour bosser, où ils pourront faire ce qu’ils veulent sans gêner personne, tout en pouvant nous aider en adaptant a nos besoin leurs recherches !
MB : J’en reviens à ma question initiale… Que peut-on trouver au parc des Arts actuellement?
YA : nous avons sur le palais Imaginart une rétrospective du peintre Rodriguez, 15 exposition de photographies qui sont issues de notre tout nouveau festival « Les 60ième de la photographie », en partenariat avec l’UPC.
Nous avons voulu trois thèmes ici, en permanence et en parallèle à l’art : l’information et la prévention SIDA, gérée par Anisette Indigo, où nous présentons des éléments des campagnes des deux associations AIDS, et Sida info service. En parallèle nous demandons à des artistes de porter un certain regard. Cela permet d’être un peu plus pertinent sur le message.
Ensuite nous avons une exposition sur le même principe, faite avec l’association MFQ (Mouvement Français pour la Qualité) sur le développement durable. Les panneaux sont faits.
Reste les créatifs…
Et enfin, une autre expo sur la tolérance, réalisée par Aristide Despret, et qui se trouve sur la SIM d’eau en Openspace que tu trouveras juste à côté de la nôtre. On ouvre cette expo dans quelques jours ! Nous avons aussi une exposition collective qui se nomme « Mot à maux », dont la conception permet d’avoir du texte, de la mise en scène et de l’interprétation.
MB : Donc vous êtes vous aussi touchés par les nouveaux tarifs des Lindens sur les openspaces…
YA : Oui, et on ne pourra pas tenir longtemps. Nous n’avons pas, comme de nombreux autres, (je pense a notre amie Willow Ahn), les moyens de poursuivre dans ces conditions. Nous devrons y mettre fin. C’est du gâchis, mais Linden Lab est une entreprise, qui utilise des méthodes d’entreprise, avec des objectifs d’entreprise. Nous sommes en dehors de cette vision des choses ! On aurait du se méfier ! Ceci étant, la méthode utilisée est immonde : ouvrir les vannes openspaces, laisser les gens s’investir, vendre 10 000 ou 20 000 lowsims, puis relancer la vente sur les fullsims, c’est techniquement malin, logique, même, mais commercialement suicidaire ! On déprécie la monnaie, on fait rentrer des devises et hop ! On remonte !
C’est une vision économique pour rentrer du cash, mais ce qui est inquiétant, c’est qu’il s’agit d’une méthode utilisée en cas de grosse difficulté. Ils doivent être à l’agonie pour l’avoir employée !
On doit désormais s’organiser afin de ne pas subir la prochaine fois… Car c’est évident que ça va recommencer ! A nous de prévoir ! A mon avis, l’avenir est en métagrid, et pas forcément sur SL. Alors c’est sûr qu’il va falloir accepter de ramer, mais le faire ensemble ! Il y a toujours des solutions, c’est la volonté qui manque, le plus souvent…
MB : J’ai vu (sur votre site web) que vous étiez constitués en asso loi 1901. C’était une obligation?
YA : On ne veut pas rester seulement sur SL, mais s’ouvrir et monter des expositions RL, et sans doute aussi monter une grid. Cela ne veut pas dire qu’on va quitter Second Life, où l’on aura toujours une vitrine, mais nous allons transférer des moyens dans un espace ou l’on pourra travailler… Et manger en même temps ! Ce sera moins couteux, pour nous, de louer un serveur. Car nous voulons aussi rester indépendants, avec le moins de sponsors possibles !
Il y a une semaine, nous nous sommes tous rencontrés à l’association, sur Bordeaux. C’est une belle histoire qui a commencé ici, sur SL. Nous avons des membres à Paris, Strasbourg, des membres actifs en Hollande, en Espagne, en Italie… C’est une association Internationale !
Par Etienne Boyer le 31 octobre 2008 - 4 Commentaires
Nathalie Charman est l’administratrice du Jardin des Artistes sans Linden Dollars, situé sur l’île lowSIM Simba 78/228/21, dans Second Life. Cette assistante sociale -et mère de famille- dans la vraie vie joue aussi le rôle de mécène in world, permettant aux artistes désargentés de venir exposer leurs œuvres RL, SL, ou transdisciplinaires sur son espace. Aujourd’hui, ce projet est menacé par l’augmentation de Linden Lab. Rencontre avec la bienfaitrice et deux de ses protégés : Chance Hermit (artiste peintre RL) et Noland Balczo (builder SL), créateurs d’une œuvre commune.
Montparnasse Belgar : Nathalie, peux-tu nous expliquer le concept de cette île?
Nathalie Charman : Oui, alors il faut que je fasse un historique : en juillet 2007 sous mon premier avatar « Romane Jacobus », j’achetais un terrain de 500m2 sur le Mainland. Je voulais exposer les toiles de mon compagnon RL, et puis je me suis dit que c’était bête de ne pas en faire profiter d’autres artistes. C’est à ce moment là que l’idée du « jardin des artistes sans L$ » est née. J’ai exposé mon idée sur le forum de SL jeuxonline et David Ducasse, Valérie Fratica et Shenn Coleman sont venus m’aider à créer le jardin. Valérie Fratica -qui a maintenant quitté Second Life- y a fait venir beaucoup d’artistes nouveaux, et le jardin est devenu très rapidement trop petit. A compter d’octobre 2007, j’ai acheté un 2000 m² à Genève in SL, qui est devenu un 600m² en avril 2008.
L’objectif était de permettre à des artistes sans argent de pouvoir exposer et vendre leur toiles, sans frais ni commission. En avril j’ai passé la main à des membres du jardin, car je devais reprendre mon travail et j’avais envie de faire autre chose. Puis, je n’ai pas été satisfaite de la tournure que prenait le jardin, et j’ai recréé un autre groupe. Après avoir transité sur Ivoire, je suis arrivée ici en septembre.
MB : Donc en gros, c’est une forme de mécènat, que tu proposes. Tu as beaucoup de demandes d’artistes?
NC : Oui, c’est cela mais je n’offre que le terrain. Au mois de septembre, oui, beaucoup de demandes. En ce moment, je reçois environ un artiste par semaine. Il n’y a plus beaucoup de sans L$. Et pas mal d’anciens sans L$ se sont installé maintenant. Chance Hermit, et quelques photographes font exception.
MB : Comment fonctionnent les expos? Par thématiques?
NC: Le premier vernissage, c’était plus une inauguration. Mais non, il n’y a pas de thème particulier. Le prochain vernissage aura lieu le 15 novembre et sera sur le thème du nu. Je viens juste de commencer à installer deux panneaux, juste derrière toi !
MB : Le nu sur SL, ça ne va pas trop choquer nos amis américains?
NC : Je n’en vois pas beaucoup, par ici, et c’est une SIM mature…
MB : bon, abordons le sujet d’actualité… Est-ce que le jardin est aujourd’hui menacé par les nouvelles mesures financières de Linden Lab?
NC : Oui, bien sur qu’il est menacé ! Depuis la mise en place du jardin ici, j’utilise ma carte bleue à raison de 75 dollars par mois, plus le camping de mes alts. Heureusement, il y a des gens qui aiment l’art : J’ai deux gros donateurs qui me donnent 4000 L$ par mois, auxquels il faut rajouter 1000 L$ donnés par de petits donateurs. Donc si les tarifs augmentent, je ne pourrais pas suivre.
MB : La mécène qui a des mécènes… Comme tu n’as pas l’air d’avoir d’autres subsides, et que tes artistes sont sans L$, tout cela parait bien compromis…
NC : Mon propriétaire est en train de voir avec les californiens comment envoyer les Linden devant un tribunal, car a priori, l’augmentation est contraire à la loi californienne, où est situé le siège de Linden Lab. Il est confiant, et moi aussi ; donc j’attends le 1er janvier… Avec la pression et le risque de procès, Linden Lab -qui veulent visiblement vendre les terrains du Mainland, et qui m’ont l’air d’être de piètres financiers avec une vision à court terme- vont peut-être devoir revoir leur copie.
MB : Justement, à propos de pression, quelles sont tes actions en la matière?
NC : je manifeste quand je peux. Et je ne me connecterai pas le 31 octobre. Je n’achèterai pas de L$ la semaine prochaine. Et Même si la grève n’est pas suivie, on aura quand même essayé !
Chance Hermit : Moi aussi je manifeste. Et puis j’en parle autour de moi. Je ne me connecterai pas non plus !
MB : Quels auraient été les projets de développement de l’île, si LL n’avait pas fait cette annonce?
NC : Une petite pause car ces deux derniers mois m’ont un peu crevée, et peut-être après essayer de faire de temps en temps des concerts, ici.
MB : Merci Nathalie. Bon, à vous, Chance et Noland, de passer à la question ! Vous exposez une œuvre commune sur la SIM de Nathalie…
CH : Oui, c’est grâce à elle que nous pouvons être là. Nous avons créé cette œuvre à l’école SL. J’ai rencontré Noland ici, alors qu’il buildait. Il s’est montré intéressé par ma peinture, et ça lui a donné l’idée de ce présentoir très original, en forme de mappemonde. Ça révolutionne la façon de présenter des toiles, et de penser l’art, formant un pont entre travail traditionnel, et réalisations virtuelles !
Noland Balczo: j’ai rencontré chance par hasard, et il m’a paru évident que je voulais travailler avec elle. Ce qui est bien c’est que nous ne sommes pas de la même génération (J’ai 22 ans, elle en a 54). Cela apporte quelque chose de nouveau, une force nouvelle, et qui de plus, permet de créer ensemble sans arrière pensée.
MB : Donc cela sous-entend que si Nathalie doit arrêter cette île, cela empêchera d’autres artistes de se rencontrer, et de travailler ensemble…
CH : oui bien sûr. Il n’y aura plus d’intérêt à aller sur Second Life, à gagner de l’argent froidement. C’est le côté humain qui est le plus important ici, contrairement à ce que véhiculent les médias. Il faut démentir cette idée reçue, vraiment !
MB : Que faites-vous dans la vraie vie ?
CH : Je suis sans emploi, après avoir été responsable d’un atelier de dessin en graphisme dans une imprimerie pendant 25 ans. Je me consacre donc maintenant à ma passion pour la peinture, et aussi depuis peu, à la sculpture. J’importe les images de mes peintures ici depuis peu (je suis une nouvelle inscrite depuis seulement 2 mois). Ah, et j’ouvre ma propre galerie in world samedi prochain à 21 heures, sur Les Menhirs (220, 180, 21).
NB : j’étais agent de sécurité. Et vu que la saison d’été est finie, je prépare un départ pour travailler dans une association, à l’étranger. Je voudrais juste rajouter qu’aucun de mes build n’est à vendre. Que ceux qui voudraient en profiter m’en fassent juste la demande !
MB : Votre collaboration semble être une réussite. Vous comptez réitérer ?
CH : J’espère que oui. En tout cas, l’idée nous plairait ! C’est une association qui est très ouverte sur de nombreuses créations, je pense. Et je suis sûre que Noland est toujours en ébullition !
NB : j aimerais bien construire autour d’une seule toile, essayer de la prolonger en build… Tout est possible, à partir du moment où l’imagination n’est pas limitée !