Par Etienne Boyer le 23 mars 2010 - 1 Commentaire
Pour nombre de ses résidents, Second Life reste encore et toujours l’univers virtuel le plus abouti pour s’adonner à des projets créatifs artistiques. Les machinimatographes en ont fait leur lieu de prédilection. Bien sûr, personne n’est dupe : il y a des contraintes, mais la technique du machinima a évolué en quelques années, et les mentalités aussi. Les Métavers ne sont plus considérés par le grand public comme une bizarrerie pour No-Lives. Le succès du film « Avatar » y serait-il pour quelque chose?
Bref…
Vous vous souvenez de Rafale Kamachi ? Mais si, la cinéaste du projet Sail Away, vous savez ? Le machinima tourné dans Second Life autour de l’histoire de la pirate Anne Bonny ! Si le projet est momentanément en stand-by, Rafale n’a pas rangé sa chaise de réalisatrice pour autant, loin s’en faut ! Elle vient même de monter une maison de production, logiquement baptisée Kamachinima Production, pour les besoins d’un projet très spécifique : le tournage de 5 courts métrages (d’une durée d’environ dix minutes chacun) -filmés in SL- qui seront diffusés en Haute Définition à la World Expo de Shangaï (en Chine, donc) ! Rien que ça !
Elle explique : « J’ai rencontré Aino Baar, une espagnole du groupe Open This End (qui fait de la promotion d’artistes RL/SL – NDLR) qui a réussi à m’y enrôler ! Cette fille est tellement débordante de ténacité et d’énergie, qu’elle a réussi à obtenir un créneau de 2h30 chaque dimanche de la foire, qui durera du premier mai au 30 octobre 2010 ! » En gros, il a été convenu qu’il fallait un film pour chacune des cinq SIM, et autour de cinq thématiques différentes. Rafale a donc écrit cinq scenarii qui ont été approuvés par Open This End, et l’aventure a pu commencer !
En fait, le thème du pavillon Espagnol sera a priori autour de « l’arbre », tandis que celui de la foire sera sur « Meilleur ville – meilleure vie ». Avec pour muses la couleur, la lumière, le son, l’énergie et l’amour, Rafale a voulu élargir le sujet à un mode de vie, aux rapports humains, à l’art de savoir s’ouvrir ou se fermer aux autres. « J’avais envie de donner un message sur le regard qu’on porte sur soi même, mais aussi sur les autres. Je ne cherche pas à créer un effet de style architectural, mais à raconter des histoires d’hommes ! »
Et pour ce faire, la scénariste s’est entourée d’une équipe (internationale) de vrais passionnés (dont un certain nombre la suivaient déjà sur Sail Away), bref, des gens vrais, et pas des avatars ! « Actuellement, notre équipe technique frôle les 25 personnes, mais je cherche encore trois machinimatographes pour pouvoir assurer les cinq tournages de front. » Il est vrai que la Deadline est proche. Mais ce n’est pas ce qui la préoccupe le plus. « Tous les machinimatographes qui vont bosser sur ce projet seront sous contrat », sans doute histoire de s’éviter tout problème de droits, une fois les films prêts à être diffusés… « Mais ce sera une belle vitrine pour tous les participants, et je ne te cache pas que ce serait aussi une façon pour moi de remettre en selle Sail Away ! »
Les cinq court-métrages seront muets. Un choix délibéré, puisque l’audience sera internationale. Tout jouera donc dans les ambiances ! Le premier Machinima quasiment prêt à être tourné (puisque les décors sont d’ores et déjà en place dans une Sky de Remember, il ne manque plus que quelques accessoires pour terminer) s’appellera « Colour Me ». Il raconte l’histoire d’une personne qui ne raisonne qu’en noir et blanc. Un jour, il se passe quelque chose entre deux tableaux qui décorent son appartement, qui changera sa conception de la vie… « Ce sera beaucoup de travail psychologique de caméras entre les deux tableaux, mais aussi entre les personnages », résume t-elle. Une histoire à deux niveaux, donc.
Et de préciser : « c’est Scarlett Niven qui va réaliser ce machinima-là. Elle va faire quelques shots, puis on va essayer de caler la HD, pour voir si tout fonctionne. Thyqua Lane est notre infographiste, c’est elle qui va composer les tableaux du film. JulienSorel Axel s’est occupé des builds, et Killer Jarvis -qui a déjà composé quelques thèmes- illustrera de sa musique l’ensemble, une fois monté. »
Un projet en très bonne voie, donc, dont vous pourrez suivre les évolutions dans Second Life bien sûr, mais aussi sur le blog officiel de Kamachinima Production, ou la page Facebook du groupe.
(aka) Monty Belgar
Par Rrfly le 02 mars 2010 - Donnez votre avis

Second Life est l’univers virtuel de l’éditeur américain LindenLab qui a connu son heure de gloire en 2007 . La population au sein de l’univers virtuel a continué de grossir, les usages se sont affinés mais le grand public a détourné le regard.
LindenLab en ce début de 2010 cherche donc à s’ouvrir à nouveau au plus grand nombre. L’éditeur a commencé à réorganiser la géographie pour mettre le contenu « mature » un peu plus loin des yeux. En proposant le client 2.0, l’éditeur espère faciliter l’accès aux nouveaux utilisateurs.
Le client ou « viewer » est le logiciel qu’il est nécessaire d’installer sur sa machine pour pouvoir se connecter à Second Life. Le nouveau client offre donc une ergonomie beaucoup plus proche de celle d’un « classique » navigateur internet, en ajoutant à celui ci sur le côté droit un menu plutôt élégant. Ce menu permet d’accéder au profil, aux messageries et à l’inventaire.
Beaucoup plus simple et clair pour le néophyte, ce client donne aussi un peu de modernité au programme précédent au design vieillissant.
Au delà de l’aspect graphique, le nouveau client apporte le « web on a prim » ce terme barbare désigne la possibilité d’afficher une page internet sur un élément dans l’univers en 3D. Cette capacité permet donc à plusieurs avatars de partager une session de surf mais aussi de regarder de la vidéo, jouer à des jeux online car la compatibilité avec Adobe Flash est supportée.
L’un des objectifs de LindenLab était de faire rentrer le web dans l’univers virtuel, ce client est donc un vrai bon premier pas dans cette direction même si tout cela est encore perfectible. A noter que ce nouveau logiciel est encore en phase de test (Beta).
Pour accompagner le lancement du nouveau client, LindenLab a décidé de revaloriser les comptes « Premium »? . Rappelons que l’accès à Second Life est totalement gratuit mais qu’il est possible de souscrire au compte Premium pour obtenir certains avantages. Dans cette nouvelle version du compte Premium, chaque titulaire de compte se verra offrir une maison dans le style de son choix. L’accès à la propriété est un des éléments non négligeable de l’immersivité de Second Life, avec une maison, le nouvel utilisateur pourra s’attaquer à une des activités simples et ludiques de Second Life, le shopping.
A bientôt inworld !
Par Etienne Boyer le 04 décembre 2009 - Donnez votre avis
Ce n’est pas parce que je parle moins de Second Life qu’il ne s’y passe plus rien. Au contraire, le monde virtuel de Linden Lab foisonne toujours autant de trouvailles techniques, d’artistes de tout poil qui ont élu domicile dans cet immense terrain de jeu où tout, ou presque, est possible.
C’est en suivant mes flux du matin que je suis tombé sur un récent billet posté par Fredylajoie Merlin au sujet d’une exposition assez bluffante visible in SL.
J’ai toujours été fasciné par les œuvres graphiques mélangeant de manière très habile le meilleurs des deux réalités : la nôtre, et celle des mondes virtuels. Comme dans toute forme d’art, il y a toujours du très bon et de l’exécrable. Là, avec le travail du néerlandais Rob Steenhorst (aka Rob Barber in SL), on est évidemment dans la grande qualité. Qualité dans les graphismes, tout d’abord, dont il est à première vue très difficile de déterminer la part du vrai (photomontage, peinture?) et du faux (snapshots très améliorés de Second Life).
Chez cet artiste (cliquer sur le lien pour découvrir ses œuvres sans passer par la case « univers virtuel », même si c’est beaucoup moins fun), les jeux de lumière et d’effets de mouvement, la gestion de l’espace, le soucis du détail et du rendu 3D ont donné visiblement matière à un très gros travail de création, tout en cohérence.
Monty Belgar est tombée fortuitement sur le bonhomme, très accueillant, qui s’est expliqué avec joie.
Et là, surprise… (Lire la suite…)
Par Etienne Boyer le 10 novembre 2009 - 1 Commentaire
Si je vous dis James Cameron… Comment, ça ne vous dit rien?
Et Terminator, Aliens le retour, Abyss, True Lies, Titanic, ça ne vous dit toujours rien? Ah quand même!
Donc voilà, James Cameron est un réalisateur de films d’origine canadienne. « Et alors« , me dites-vous. « Quel rapport avec les territoires digitaux? »
Tout simplement parce que son nouveau long métrage (en sortie française le 16 décembre 2009 ) s’appelle « Avatar« . Cela ne vous rappelle rien?
Ce film fantastique (avec entre autres l’actrice Sigourney Weaver) a été réalisé en 3 dimensions et est d’ores et déjà annoncé comme étant le plus cher de l’histoire du cinéma.
Allez, je ne vais pas vous faire languir plus longtemps!
Vous avez vu le dessin animé Disney « Pocahontas« ? Mais oui, rappelez-vous : c’est l’histoire d’un soldat européen qui tombe amoureux d’une jeune indienne alors que son peuple est en train d’envahir et de détruire le sien. Il finit par se rebeller contre son camps!
Et bien dans « Avatar », c’est la même chose, à ceci près que le héros est un ancien soldat infirme de guerre, à qui l’on propose d’infiltrer le camp extraterrestre ennemi via le corps d’un avatar génétiquement modifié pour ressembler aux autochtones devenus trop gênants pour l’hégémonie humaine. Comme prévu, l’homme devenu extraterrestre tombe amoureux, et se rebelle contre son propre camp…
C’est vrai que raconté comme ça, cela ne donne pas tellement envie, en ces périodes de récession de pré-nativité, de dépenser le prix d’une place de cinéma pour aller voir un énième navet hollywoodien. Et pourtant, si le sujet a l’air, la couleur et l’odeur du nunuche plein de bons sentiments, la réalité semble bien différente, en témoigne les images et vidéos déjà en ligne un peu partout sur le web.
Ça pète de partout, c’est bourré d’effets spéciaux, d’images de synthèse, de décors somptueux; il y a des combats épiques, une histoire d’amour, une métaphore humaniste et vaguement engagée… Et finalement, ça sent le grand spectacle divertissant capable de nous extraire (pour un instant, un instant seulement) du marasme ambiant. Après tout, n’est-ce pas exactement ce que nous demandons tous au cinéma?
Allons, patience : il ne reste plus qu’un mois à attendre!
Par Etienne Boyer le 30 septembre 2009 - Donnez votre avis
Tournicoton Art Gallery, c’est l’une des galeries d’art francophones les plus importantes de la communauté Second Life. Peu avant les vacances d’été, ses organisateurs ont été confrontés à une surprise de taille : le propriétaire de la sim -en cessation de paiement- avait tout simplement fermé les portes sans avertissement préalable ! Oui, ça aurait très bien pu être la fin de Tournicoton, si Naastik Rau, Mariaka Nishi et leurs amis n’avaient pas pris le problème à bras le corps. Aujourd’hui, la galerie a élu domicile dans sa propre île virtuelle, baptisée Metaversel, et s’apprête à fêter l’évènement ce premier week-end d’octobre !
Montparnasse Belgar est allé voir sur place avant le D-day, et a réalisé cette interview à trois claviers !
Montparnasse Belgar : J’ai déjà un peu abordé le sujet lors d’une récente interview de Naastik Rau au sujet de Zéro Linden, mais que s’est il passé pour que vous déménagiez?
Mariaka Nishi : Ah bonne question !
Coulaut Menges : juste un gag !
MN : lol. Donc nous n’étions pas propriétaires de la sim, juste de notre terrain. Et le vrai propriétaire n’a plus payé les frais de sa quarantaine de sims. Elles ont donc été fermées par Linden Lab. Naastik a tout de suite réagi quand il a compris qu’on n’accédait plus à notre terrain et que ce n’était pas normal. Il a eu l’info par l’ancienne associée du proprio, et a contacté Linden Lab, qui nous a exceptionnellement réouvert la sim pour trois jours.
Naastik Rau : Et même quatre, en fait ! Nous ne savons pas ce qui s’est passé pour la propriétaire de la sim, son associée n’était pas au courant non plus ; elle a découvert en même temps que nous et nous a beaucoup aidé à son niveau. Le jour même, j’ai quand même dit à Mariaka « Tournicoton, c’est fini » !