Par Etienne Boyer le 09 janvier 2009 - 4 Commentaires
Si des noms comme Dagoba (Falkor 127/45/401), Endor (The Outer Rim 72/30/688), Tatooine (Skylar 229/25/22), Naboo (Brunswick 114/46/21), ou Coruscant (Coruscant city 131/137/143) sonnent complètement exotiques pour vous, si « Darth Vader » vous rappelle le nom d’une obscure marque de bière texane, et « Luke Skywalker » celui d’un nouveau crooner bellâtre américain, si le terme « Jedi » est pour vous un jour de la semaine placé entre le mercredi et le vendredi, mais écrit avec une faute de frappe, bref, si « Star Wars » ne vous dit absolument rien, cela veut dire que vous avez vécu toute votre vie en forêt amazonienne (ou dans un placard à balais), ou que vous venez d’une autre planète ! Et dans un cas comme dans l’autre, vous avez toute une éducation à refaire…
« Star Wars » (ou « la guerre des étoiles », en français dans le texte), est tout d’abord la saga space opera de George Lucas, génial cinéaste américain qui a inventé toute une histoire se déroulant « il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine » … Entre 1977 et 2005, il a tourné pas moins de six films (deux trilogies) sur le sujet, et l’on de compte pas les séries dérivées, les dessins animés, jeux vidéos, jouets, livres et autres bandes dessinées qui ont inondé le marché à la suite de cette épopée grandiose qui a marqué au fer rouge l’âme d’au moins deux générations dans le monde entier ! En plus d’être une gigantesque succès commercial, Star Wars est une institution pour des millions de personnes, au même titre que Tintin, Mickey, ou Coca Cola ! Voilà pour l’introduction…
Soyons sérieux : ceci est un jeu !
Claire Pascale est française, et sur Second Life, elle porte le titre de Council Master dans le RolePlay StarWars (qu’elle fréquente depuis deux ans), au sein du très prestigieux Nouvel Ordre des Jedi (la création du NOJ date de 2003, ce qui en fait l’un des ordres philosophique et d’enseignement les plus anciens du jeu), basé sur Ruusan (120/132/719), et dont le but est de former physiquement et intellectuellement ses élèves (les padawans) aux chemins de la sagesse et de la Force. On y trouve une bibliothèque, une école, un temple, un hôpital, des lieux de méditation (pratique très courante dans la culture Jedi, et permettant de maîtriser les émotions et les passions), etc. C’est une planète très harmonieuse et calme, complètement différente de celles qu’on peut trouver chez les Sith (les ennemis des Jedi), qui sont en général des lieux de perdition comme sur Korriban 158/131/25.
Le SWRP est très structuré et hiérarchisé. Chaque Jedi s’attribue des fonctions particulières ainsi que des spécialités dans divers domaines. Bien sûr, comme dans tout RolePlay, il y a des affrontements entre les personnages. Ceci est rendu possible dans Second Life par le biais de systèmes de combat plus ou moins sophistiqués. Mais que l’on se rassure, lorsqu’un Jedi meurt en mission, son alter ego humain ne meurt pas dans la réalité ! « Même son avatar ne meurt pas vraiment : il devient seulement Out Of Context (OOC) pendant trois jours… », relativise le maître Jedi.
«C’est très organisé, et on n’est pas là pour rigoler, mais pour jouer ! Comme tu peux le voir, on ne fait pas les choses à moitié, et on n’entre pas dans le groupe des Jedi aussi facilement… », explique Claire. Car n’oublions pas que nous sommes dans un jeu de rôle, avec des codes très stricts…
Une école par le jeu
« Il faut passer une période probatoire pour être accepté en tant qu’élève, et attendre au moins 4 mois avant d’espérer pouvoir devenir chevalier Jedi ! C’est vraiment une école, avec des leçons de build et de script (il y a 27 leçons, 4 niveaux, et les padawans doivent construire eux-mêmes leurs sabres laser, ce qui peut durer un certain temps…), des batteries de tests, des cours collectifs ou avec un mentor. On y apprend les bonnes manières, à utiliser la Force pour faire le bien, et non pas pour la contrôler, comme le font les Sith ».
Mais en tant que NOJ, Claire, qui croit très fort en l’e-learning en monde persistant, s’est assignée d’autres fonctions d’enseignante : « Il y a environs 1500 joueurs dans ce RolePlay. Ce sont en grande majorité des américains (il n’y a que deux français chez les NOJ), et donc ils fonctionnent comme tels ! Et vue la frénésie avec laquelle ils jouent, il me semblait important que certaines notions leurs soient inculquées. Par exemple, ils n’ont quasiment pas de notions de géographie, et l’écologie est un concept qui leur est assez étranger. On part donc des problématiques réelles de la Terre, et on essaye de la transposer et de l’organiser dans le jeu.»
Claire, qui travaille au développement international pour faire connaître le jeu, aimerait entre autre les sensibiliser à la sauvegarde des espèces, et leur apprendre qu’il n’y a pas que les USA dans la vie, et que les européens vivent à un autre rythme horaire que le leur…
«Mais tout ceci est très intéressant, en terme de management d’une grande communauté. Le SWRP est réparti sur 35 à 45 sims, ce qui fait qu’il y a un immense potentiel de jeu et d’apprentissage. En plus : rien de tel pour apprendre -ou parfaire- son anglais! »
EHB.
Par Etienne Boyer le 22 octobre 2008 - Donnez votre avis
Second Life est aussi le théâtre de nombreuses RP SIMs (pour « RolePlay Simulators »), à ne pas confondre avec les « Combat SIMs », bien qu’on puisse aussi s’y battre, dans lesquelles les résidents qui le désirent peuvent participer à des jeux de rôles en trois dimensions, en fonction d’un thème générique choisi.
Sur Second Life, il existe un grand nombre de RP SIMs qui évoluent dans de nombreux thèmes très différents, allant du péplum (The Roman Empire 2/125/21), au western (sur les îles Tombstone Arizona 84/115/21) à l’Heroic-Fantasy du monde de Gor (sur Thentis 121/50/30), en passant par les univers
gothiques sombres et cyberpunks (comme Midian City 138/44/30, ou Toxian City 252/108/23), ou carrément la science fiction dans la plus pure tradition (sur Dune Imperium 36/68/25, ou Star Wars 133/116/38).
Bien sûr, grand nombre de ces SIMs sont généralement en langue anglaise, mais il en existe en français, comme Vamps Nest 62/127/32, par exemple, une île qui, comme son nom le suggère, est infestée de vampires, mais aussi de lycanthropes…*
Petits bijoux de graphisme
Bien entendu, chaque RP SIM possède son propre scénario, ses propres règles (très particulières et très strictes), ses modalités d’expression, ses modes de combat (affichés dans un HUD, avec des unités de mesure comme le pourcentage de points de vie, d’endurance, et d’adresse), et ses personnages emblématiques. « Ce n’est pas exactement comme dans un jeu de rôle classique », explique Erin Delpaso, dont le personnage est une lycanthrope de Vamps Nest. « Chacun crée son histoire dans l’histoire, et choisit d’intégrer un clan ou non ». Certains résidents SL, exclusivement role-players, prennent d’ailleurs leur personnage très au sérieux ; t
ant et si bien qu’il est quasiment impossible de communiquer avec eux sur tout autre sujet que celui qui intéresse la SIM sur laquelle ils jouent…
Si le principe de la fiction dans Second Life peut être assez divertissant, avouons que ces îles -très souvent extrêmement fouillées au niveau des décors et des textures- restent fréquemment peu peuplées, voire désertes… Ce qui est nécessairement dommage, lorsque l’on constate la somme de travail qu’elles ont nécessité pour leur construction.
EHB
*Attention, sur la plupart des RP SIM(s), la fonction « Voler » a été volontairement désactivée par le propriétaire. D’autrepart, ces îles sont souvent « cachées » : il n’est pas possible d’y poser un repère. Pour les retrouver, il suffit de chercher dans le champ de recherche de votre navigateur SL.